Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé, mercredi 5 août, à la Cité de l’Union africaine, une réunion de haut niveau consacrée au renforcement de la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui a déjà touché plus de 3.900 personnes dans 5 provinces dont l’Ituri, l'épicentre, et coûté la vie à plus de 1.800 personnes.
Cette rencontre stratégique visait à évaluer les actions engagées et à définir de nouvelles orientations pour contenir la propagation de la maladie.
Autour du Chef de l’État se sont réunis la Première ministre Judith Suminwa, les membres du Gouvernement directement impliqués dans la lutte contre l’épidémie, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que le Directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Jean Kaseya.
Une stratégie axée sur les communautés et la surveillance
Au cours des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation communautaire et le système de surveillance épidémiologique, considérés comme des piliers essentiels pour freiner la progression de l’épidémie.
Selon les recommandations de l’OMS, la nouvelle stratégie devra accorder une place centrale à la sensibilisation des populations en associant les leaders religieux, les autorités coutumières et les organisations de jeunes. L’organisation a également mis en avant l’importance de mieux protéger le personnel de santé, en première ligne dans la lutte contre Ebola, tout en intensifiant les mécanismes de surveillance afin de détecter rapidement les cas suspects et d’éviter que des malades ne succombent à domicile sans bénéficier d’une prise en charge médicale.
À l’issue de cette réunion, l’OMS et Africa CDC ont salué les efforts déjà déployés par les autorités congolaises pour contenir l’épidémie.
Les deux institutions ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leur accompagnement technique et opérationnel aux côtés du Gouvernement congolais, dans le but de renforcer l’efficacité de la riposte et de limiter l’impact sanitaire de cette nouvelle flambée d’Ebola.
Un nouveau financement de Washington malgré le maintien des restrictions
Notez que cette semaine, le département d'État américain a annoncé 242 millions de dollars supplémentaires pour renforcer la riposte contre l'épidémie d'Ebola en RDC et en Ouganda, portant à plus de 512 millions de dollars le total de l'aide directe déjà mobilisée par Washington, dans le cadre de l'engagement pris par les États-Unis lors du sommet du G7 le 16 juin de fournir jusqu'à 500 millions de dollars pour cette fin.
Ce financement s'ajoute aux 350 millions de dollars d'aide humanitaire déjà consacrés à la RDC, au Soudan du Sud et à l'Ouganda.
Washington, qui se présente comme le premier bailleur financier de la riposte, salue par ailleurs la réaction rapide de l'Ouganda face à l'épidémie, tout en maintenant sa Travel Advisory pour la RDC, l'Ouganda et le Soudan du Sud au niveau 4 soit l’instruction « Ne pas voyager ».
Selon le département d'État, les financements américains ont déjà permis de réaliser 8,6 millions de dépistages, d'appuyer plus de 180 structures de santé et 12 centres spécialisés de prise en charge en RDC, ainsi que de renforcer les capacités diagnostiques de onze laboratoires dans la région.