Invité du LiveSpace du journaliste Stanys Bujakera sur X, le député national Carly Nzanzu Kasivita, vice-président de la commission Défense et sécurité de l'Assemblée nationale et gouverneur honoraire du Nord-Kivu, est revenu sur la très controversée mesure d’état de siège instaurée depuis mai 2021 par le Président Félix Tshisekedi au Nord-Kivu et en Ituri, mais toujours décriée par la population des provinces concernées.
L’élu du territoire de Beni a ainsi dressé un bilan sans complaisance de 5 ans d'état de siège : « Aujourd'hui, je ne sais pas aller chez moi à Goma [...] on ne contrôle plus Goma, on ne contrôle pas Nyiragongo, Masisi, une partie de Lubero et de Walikale », a-t-il fait remarquer.
S'il avait salué cette mesure en 2021 alors même qu’elle actait son éviction de la tête de la province du Nord-Kivu, Carly Kasivita a jugé cette fois cette décision « insuffisante face à l'ampleur de la crise. »
#RDC: Carly Nzanzu Kasivita, vice-président de la commission Défense et sécurité de l'Assemblée nationale et gouverneur honoraire du Nord-Kivu, a confié avoir quitté Goma sept jours avant sa chute, « les indices ne me rassuraient pas ». Sur les responsabilités de cet… pic.twitter.com/wAumouuFlU
— Stanis Bujakera Tshiamala (@StanysBujakera) August 5, 2026
L'ancien gouverneur plaide désormais pour dépasser le débat civil-militaire : « Que ce soit une gestion militaire ou civile, il faut juste des réponses structurelles », a-t-il ajouté pointant « une insécurité nourrie par l'affaiblissement de l'État et des ingérences régionales. »
Dans la foulée, le député national Carly Kasivita a rapporté l'exaspération des populations rencontrées à Beni et Butembo : « Le souhait de la population est de recouvrer leur liberté, et ils n'ont pas cessé de crier : levez l'état de siège ! », a-t-il signifié comparant par ailleurs le Nord-Kivu au Sud-Kivu et dénonçant par ailleurs « l'absence de redevabilité des autorités militaires. »
Pour rappel, le M23 qui occupe une bonne partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avait annoncé après la chute de la ville de Goma en janvier 2025, la levée de cette mesure exceptionnelle qui du reste est toujours en vigueur dans les zones sous contrôle des forces gouvernementales.
Dans le même ce temps, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Somo Kakule Evariste nommé par Félix Tshisekedi et basé à Beni, qui se montrait jusque-là rassurant affirmant même œuvrer « afin de reprendre Goma et ainsi que toutes les zones sous contrôle du M23 » ; dit depuis espérer une solution diplomatique pour mettre un terme à la guerre.