Un premier groupe de 15 personnes affilées à l’AFC/M23, libérées par le gouvernement congolais depuis plusieurs semaines, est finalement arrivé ce vendredi 7 août 2026 à Rutshuru, zone sous contrôle du mouvement rebelle.
Ces anciens prisonniers, qui étaient « bloqués » à Beni depuis le mois dernier et ce, suite aux restrictions dues à l’épidémie d’Ebola, ont pu rejoindre le territoire de Rutshuru grâce à l’appui du CICR via un convoi qui a transité par l’Ouganda, Kampala ayant accepté de faciliter ce passage sur son territoire.
En coordination avec les autorités sanitaires compétentes, l’opération a été menée dans le strict respect des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola, précise le CICR qui ajoute qu’une ambulance de la Croix-Rouge de l’Ouganda était notamment à disposition pour faire face à toute urgence médicale.
« Nous espérons que cette opération contribuera à apaiser des familles longtemps séparées de leurs proches, et ouvrira la voie à d’autres libérations, comme convenu par les parties dans le cadre de différentes négociations, afin d’apporter un peu d’espoir aux populations touchées par les conflits armés », explique Stephanie Eller, cheffe des opérations du CICR à Kinshasa.
Le CICR a par ailleurs expliqué « agir exclusivement comme intermédiaire neutre », sollicité par les parties pour faciliter la mise en œuvre des mesures concernant notamment le transport et la remise en toute sécurité des personnes libérées par les parties dans le cadre du processus de Doha.
En mai 2025, le CICR avait déjà accompagné une série de convois acheminant, de Goma à Kinshasa, plusieurs centaines de personnes désarmées des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC), ainsi que leurs familles.
L’action menée par l’institution est de nature purement humanitaire et conforme à son mandat ainsi qu’à ses Principes fondamentaux, a conclu le CICR qui rappelle que, selon les règles du droit international humanitaire, les personnes détenues doivent être traitées avec humanité en toutes circonstances.
Pour rappel, la libération des prisonniers, attendue dans un délai de 10 jours, soit jusqu’au 27 avril dernier, n’avait pas eu lieu ; un refus alors considéré par l’AFC/M23 comme « une entrave à ce mécanisme de libération de prisonniers et une preuve supplémentaire de la duplicité qui caractérise le régime de Kinshasa. »
Aussi, le mouvement rebelle avait accusé le gouvernement congolais de refuser de reprendre plus de 5.000 militaires des FARDC capturés sur différents fronts depuis notamment la chute de la ville de Goma en janvier 2025 et remis depuis à la disposition du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).