Consolidant son autorité dans les zones qu'il contrôle au Nord-Kivu et au Sud-Kivu où il a installé une administration remplissant quasiment toutes les missions de l'Etat, l’AFC/M23 qui a récemment promis d’activer « un mécanisme de substitution » pour contrer la suspension unilatérale du gouvernement congolais de toutes les activités académiques et paracadémiques au sein d’une dizaine d’établissements publics d'Enseignement Supérieur et Universitaire des Villes de Goma et Bukavu ; a annoncé la rentrée académique 2026-2027 au 15 octobre prochain dans les zones sous son contrôle.
Dans une note circulaire publiée le 22 septembre 2026, le mouvement rebelle a également dressé des directives relatives au fonctionnement des établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) pour l’année académique 2026-2027 dans les zones qu’elle contrôle au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Ainsi, seuls les établissements publics et privés classés « viables » ou « moyennement viables » à l’issue du contrôle de viabilité effectué l’an dernier sont autorisés à fonctionner.
Les établissements classés « non viables » devront eux présenter, avant le 15 octobre, un plan de redressement visant à corriger les insuffisances constatées.
L’AFC/M23 précise que leur fonctionnement sera examiné au cas par cas.
Il indique également que l’ouverture des facultés de médecine et des filières des sciences de la santé est, quant à elle, soumise à une autorisation spéciale et ce, après avis de la commission chargée du contrôle de viabilité.
L’AFC/M23 publie des directives pour l’ouverture de l’année académique 2026-2027 dans le territoire libéré
— Shaby Kazungu (@ShabyKazungu) September 23, 2026
Goma | 22 septembre 2026
Le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 chargé des Finances, de l’Économie, de la Mobilisation, de l’Éducation, de la Santé et du Développement, le… pic.twitter.com/qpQn0kupdT
Le mouvement rebelle impose également aux établissements de respecter leur capacité d’accueil et interdit le recrutement massif d’étudiants au-delà des capacités d’encadrement.
Concernant les enseignants du secteur public, ceux résidant dans les zones contrôlées sont tenus de respecter leur charge horaire dans leur établissement d’attache avant toute prestation dans une autre institution.
Enfin, cette circulaire prévoit la numérisation des attestations de fin d’études délivrées entre 2021 et 2026, afin de faciliter l’accès à l’emploi et aux stages dans l’attente de la délivrance des diplômes.
Pour rappel, les étudiants de Goma et Bukavu concernés par la suspension des activités académiques dans les zones sous contrôle par l’AFC/M23 ont demandé « la levée pure et simple de cette mesure » soutenant que le droit à l'éducation « est inaliénable à tous et particulièrement aux jeunes », et faisant remarquer que cette décision « risque de pousser de nombreux jeunes désœuvrés dans des groupes armés », et aggraver ainsi la crise sécuritaire que l’Etat cherche à combattre.