L’agglomération de Kasindi, située dans le groupement Basongora, dans le secteur de Ruwenzori, est confrontée à une montée des tensions foncières liée aux opérations d’identification et de numérisation des espaces publics de l’État congolais.
Ces travaux sont conduits par une commission dirigée par Mme Masika Kimala Déborah, experte à la cellule provinciale de numérisation du cadastre, chargée de l’identification du patrimoine foncier et immobilier de l’État. Depuis plusieurs jours, les activités de cette commission alimentent les débats au sein de la classe politique et sociale locale.
Plusieurs habitants affirment que certaines parcelles occupées par des particuliers seraient recensées comme des espaces publics. Certains dénoncent ce qu’ils qualifient d’empiètement sur leurs propriétés et craignent de perdre des terrains qu’ils disent occuper depuis plusieurs années.
Face à ces accusations, l’autorité locale tente de rassurer. Le fonctionnaire délégué du gouverneur militaire affecté à Kasindi, Barthélémy Kambale Sivavughirwa, soutient que les espaces identifiés appartiennent légalement à l’État congolais. Selon lui, certains de ces sites sont déjà affectés à l’utilité publique, notamment pour l’installation de poubelles publiques et d’autres infrastructures communautaires. Il affirme également ne pas avoir été informé d’un quelconque octroi de parcelle à la société civile.
De son côté, la société civile, forces vives, affirme avoir recueilli plusieurs plaintes de la population dénonçant des attributions jugées irrégulières. Dans une communication rendue publique le mercredi 13 mai par son rapporteur, Paul Zaidi, cette structure citoyenne appelle la commission au strict respect de la législation foncière congolaise.
La société civile rappelle par ailleurs avoir publiquement renoncé à une parcelle qui lui aurait été attribuée dans la partie dite « Congo ya Sika ». Cette annonce avait été faite lors de la parade hebdomadaire du lundi 11 mai, tenue au bureau du fonctionnaire délégué du gouverneur militaire à Kasindi.
Jusqu’à présent, Mme Masika Kimala Déborah n’avait pas encore réagi, malgré plusieurs sollicitations de la presse.
La zone dite « Congo ya Sika », riveraine du Parc national des Virunga, reste depuis plusieurs années au centre de nombreux conflits fonciers. Les différends opposent régulièrement l’ICCN à certains occupants, mais aussi des particuliers à des agents de l’État accusés par des habitants de spoliation de parcelles. En 2025, le gouverneur militaire du Nord-Kivu avait rappelé l’interdiction de toute activité dans cette zone afin de limiter les occupations jugées anarchiques.