
Plusieurs filles au poste frontalier de Kasindi en territoire de Beni au Nord-Kivu ne connaissent pas le fonctionnement de leur corps ; d’où elles ont plus de risques d’être exposées aux maladies ou infections sexuellement transmissibles comme le VIH, et des grossesses non désirées.
Cela fait suite au manque d’éducation complète sur la sexualité et la reproduction.
Constat réalisé par Grands lacs news, ce lundi 31 mars 2025 à l’occasion de la clôture du mois de Mars, plus précisément dédié aux droits de la femme.
Au cours de cette enquête, quelques jeunes filles dont l’âge varie entre 13 et 25 ans, ont témoigné n’avoir pas des connaissances sur la thématique.
La plupart de ces jeunes filles ont indiqué que dans leurs familles et églises, parler du sexe et/ou la sexualité et la reproduction est un véritable « tabou. »
Pourtant, les tabous sexuels peuvent aussi affecter l’estime de soi.
Des messages négatifs sont intégrés dans la mémoire des plusieurs jeunes filles qui se sentent coupables, honteuses ou inadéquates dans leur expression sexuelle.
« Nous apprenons seulement la sexualité et la reproduction à l’école mais dans nos familles c’est vraiment interdit. D’ailleurs, on nous signifié souvent quand il s’agit des cours à l’école qui traitent de cette thématique, que nous devons nous désintéresser puisque la sexualité est présentée comme un véritable péché », a dit une jeune fille, de 8ème Année de l’éducation de base âgée de 15 ans dans une école secondaire de la place.
La santé sexuelle et reproductive fait partie intégrante du droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible.
Gibel (nom d’emprunt), qui a été surpris par l’écoulement du sang menstruel à l’école, fait savoir que ces premières règles dysménorrhéiques ont été juste une surprise désagréable occasionnant une perte de confiance de soi : « Je ne savais pas que les règles existent. Je pensais j’étais comme tout le monde (garçon), mais j’étais surprise et c’était grave. Tous mes collègues étaient aussi surpris. Chez nous, nous n’avons pas assez des discussions autour de la sexualité ; on peut certes nous alerter sur la délinquance ou la divagation sexuelle mais, connaitre le fonctionnement physiologique de nos organes c’est encore un autre problème sérieux » a-t-elle témoigné.
« N’eût-été une de mes collègues, ça aurait été plus grave. C‘est elle qui m’avait dit qu’il s’agissait des règles et que je ne devais pas m’inquiéter », a-t-elle ajouté.
Parler du sexe aux enfants « c’est une abomination » a dit pour sa part un parent évoquant le passage biblique des Lévitique chapitre 18, verset 22.
« En parlant de la sexualité, c’est une façon de pousser les enfants à s’intéresser à l’immoralité. Et nous les appelons toujours à s’abstenir parce qu’elles découvriront ça dans leurs foyers » a déclaré ce dernier.
Il faut dire que par manque d’informations sur la santé sexuelle, les jeunes filles et les garçons courent un risque accru de contracter le VIH ou avoir une grossesse non désirée ; ce qui pourrait non seulement limiter leurs perspectives d’avenir mais aussi mettre leur vie en danger.
« Tout enfant à droit à l'éducation sexuelle et reproductive. A un certain âge, l'enfant doit être édifié sur les conséquences qui peuvent survenir, mais dans notre communauté c'est encore un grand défi. Nous appelons les parents à s'intéresser aussi sur cette thématique dans les familles », a fait savoir Shamimu Binti Rachid de l'ONG Femmes Solutions.
Le poste frontalier de Kasindi-Lubiriha est parmi les agglomérations rurales du territoire de Beni au Nord-Kivu qui compte plusieurs cas des grossesses chez les jeunes filles, et la flambée des cas de VIH dans cette entité frontalière.
1 Commentaire
Joseph Seven - 02/04/2025 15:39 - Répondre
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