Sous pression militaire depuis plusieurs semaines au Nord-Kivu et au Sud-Kivu où il a dénoncé des attaques contre ses positions, l’AFC/M23, qui menace depuis de reprendre avec les hostilités de haute intensité, renforçant ses effectifs ainsi que son équipement militaire, adopte désormais une posture diplomatique.

Le mouvement rebelle a annoncé avoir de nouveau remis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) plus de 5.000 militaires des FARDC, capturés sur différents fronts depuis notamment la chute de la ville de Goma en janvier 2025.

Il a assuré que ces derniers seront rapatriés à Kinshasa sous la supervision du CICR, comme c’était déjà le cas avec plus 1.300 militaires des FARDC, des policiers ainsi que leurs familles qui s’étaient réfugiés à la MONUSCO et qui étaient évacués à Kinshasa en avril 2025.

L’AFC/M23 présente cette nouvelle libération des militaires de l’armée congolaise comme « un geste humanitaire » qui réaffirme sa volonté de respecter les engagements pris dans le cadre du processus de Doha portant notamment sur des mesures de confiance visant à contribuer à l’apaisement des tensions.

Le mouvement rebelle déplore toutefois qu’entretemps le régime de Kinshasa « persiste dans une attitude d’obstination et refuse toujours de libérer ses membres ainsi que d’autres personnes détenues arbitrairement et arrêtées illégalement en raison de leur simple faciès. »

« Dans le même temps, Kinshasa poursuit ses violations du cessez-le-feu et a imposé une guerre généralisée à l’AFC/M23, prenant pour cibles les populations civiles et leurs biens », a déclaré Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23 qui a une nouvelle fois accusé les forces gouvernementales de continuer avec la violation du cessez-le-feu.

Il faut dire que ceci intervient alors que le processus de Doha est une nouvelle fois au point après que Kinshasa et l’AFC/M23 ont signé un accord-cadre de paix devant aboutir à un accord global.