Deux mois après la déclaration officielle de la 17ème épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, qui compte à ce jour plus de 2.000 cas confirmés et plus de 750 décès, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à un renforcement urgent de la réponse médicale.
Et alors que le gouvernement se montre rassurant, l’organisation affirme que l’épidémie continue de se propager à un rythme sans précédent et dans de nouvelles zones, tandis que les efforts pour la maîtriser restent insuffisants : « Chaque retard coûte des vies. Nous continuons à courir après l’épidémie au lieu de garder une longueur d’avance sur elle. De plus en plus de personnes sont infectées, de plus en plus de familles perdent des proches, et la situation devient de plus en plus difficile à maîtriser. Nous avons besoin d’une action internationale plus forte et mieux coordonnée pour agir plus rapidement et améliorer l’accès tant aux soins liés à Ebola qu’aux autres services de santé essentiels », a déclaré Trish Newport, responsable du programme d’urgence de MSF.
Ce dernier fait remarquer qu’en l'espace de deux mois seulement, l'épidémie est devenue la troisième plus importante jamais enregistrée et celle qui connaît la progression la plus rapide.
Aussi, en moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, dépassant la moitié du nombre de cas enregistrés lors de l'épidémie d'Ebola de 2018-2020 en RDC, qui a duré près de deux ans.
Pour MSF, la situation est particulièrement alarmante, car l’épidémie continue de s’étendre géographiquement alors que l’accès aux soins médicaux reste limité, le système de surveillance débordé et la pression toujours croissante dans les centres de traitement, ce qui fait que des communautés entières situées en dehors des grandes zones urbaines restent privées d’un soutien adéquat.
MSF appelle donc les autorités sanitaires et les acteurs humanitaires « à renforcer rapidement les moyens mobilisés dans tous les domaines de la lutte contre Ebola, notamment la mobilisation communautaire, la surveillance, le dépistage et le diagnostic, la prise en charge des patients, l’accompagnement des survivants, ainsi que la gestion des dépouilles et des enterrements dans le respect de la sécurité et de la dignité, tout en veillant à ce que les autres besoins sanitaires urgents soient également pris en compte. »
L’organisation, qui avait déjà soulevé « d’importantes lacunes dans la riposte contre Ebola », a réitéré que celles-ci subsistent toujours considérant que l’épidémie, combinée à de multiples autres urgences sanitaires, a poussé le système de surveillance à ses limites.
Aussi, MSF avance que les restrictions de circulation, notamment la fermeture des frontières, les obligations d’autosurveillance et les mesures affectant le personnel humanitaire et médical mises en place par les autorités de la RDC et d’autres pays, créent des difficultés supplémentaires pour le déploiement et la rotation du personnel spécialisé dans la lutte contre Ebola.
Enfin, MSF qui rappelle que cette épidémie se déroule dans un contexte de conflit armé, de placements de population et de multiples urgences sanitaires simultanées, réitère qu’il est essentiel d’accélérer les efforts visant à améliorer l’accès aux soins tout en garantissant la fourniture d’autres aides humanitaires de base, notamment en matière de santé, d’eau et d’assainissement : « Nous ne pouvons pas continuer à faire face à l’épidémie avec les mêmes ressources limitées alors qu’elle continue de nous. Seule une réponse médicale solide, dotée de ressources suffisantes et reflétant véritablement l’ampleur des besoins sur le terrain, peut empêcher cette épidémie de se transformer en une crise que nous ne serons plus en mesure de contenir. Pour y parvenir, un soutien international accru est nécessaire de toute urgence », a déclaré le responsable du programme d’urgence de MSF.