À Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, au Nord-Kivu, la société civile tire la sonnette d’alarme face à la dégradation inquiétante des sources d’eau potable dans plusieurs quartiers de la commune. Dans un communiqué publié mardi 12 mai, la Société civile Forces vives, noyau d’Oicha, dénonce une situation qu’elle qualifie d’« extrêmement préoccupante » pour la santé publique et la cohésion sociale.
Selon cette structure citoyenne, la quasi-totalité des sources d’eau communautaires est aujourd’hui menacée, certaines ayant même déjà disparu. En cause : les ventes illicites de parcelles, les occupations anarchiques, les constructions non autorisées ainsi que l’appropriation privée de biens communautaires.
Plusieurs cas ont été recensés dans différents quartiers de la commune. Dans le quartier Oicha 1er, cellule Kikanda, la source Kibou serait menacée par la construction d’un hangar. À Bakaiku, dans la cellule Aliake, la source Mamabeka aurait été abandonnée avant d’être appropriée par un particulier.
D’autres sources situées dans les quartiers Masosi, Pakanza, Bashu et Mabasele figurent également parmi les points d’eau en voie de disparition ou affectés par des constructions jugées illégales.
La société civile déplore également le manque généralisé d’entretien des sources, une situation qui contribuerait à la détérioration de la qualité de l’eau consommée par les habitants. Elle pointe en outre la faiblesse du contrôle exercé par les autorités compétentes face à ces pratiques, évoquant même une « perte totale de confiance » de la population envers certains services publics.
Pour les Forces vives d’Oicha, cette situation représente une menace sérieuse susceptible d’aggraver les risques sanitaires dans cette commune du territoire de Beni, déjà confrontée à plusieurs défis sociaux et sécuritaires.
Face à cette crise, la société civile recommande notamment l’arrêt immédiat des ventes et occupations illégales autour des sources d’eau, l’identification et la sanction des auteurs présumés, ainsi qu’une implication accrue des chefs de quartiers et des responsables des cellules dans la protection des points d’eau communautaires.
Dans cette déclaration signée par Isaac Kavalami, président du noyau de la société civile d’Oicha, les Forces vives appellent les autorités politico-administratives ainsi que les partenaires intervenant dans le secteur de l’eau et de l’assainissement à agir rapidement afin de préserver ce patrimoine vital et garantir un accès durable à l’eau potable pour la population.