La ville d’Uvira en province du Sud-Kivu est désormais sous le contrôle des Forces armées de la RDC et ce, là la suite du départ de l’AFC/M23 qui avait pourtant demandé le déploiement d’une force neutre dans cette ville stratégique qu’il occupait depuis le mois de décembre dernier.
A l’issue d’une réunion d’urgence consacrée à la situation à Uvira, le ministre Patrick Muyaya a fait savoir que le gouvernement congolais entend coordonner une réponse humanitaire, sécuritaire et judiciaire.
Il a précisé que le retour du gouverneur du Sud-Kivu et des autres autorités provinciales n’interviendra qu’une fois les conditions sécuritaires pleinement réunies : « Il ne suffit pas de dire qu’ils se retirent. Il faut s’assurer que les services de l’État sont pleinement réinstallés », a-t-il déclaré, annonçant la mise en œuvre d’un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État dans la ville d’Uvira et ses environs, afin de rétablir durablement la sécurité et protéger les populations.
La ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, est désormais sous le contrôle des Forces armées de la #RDC🇨🇩 (FARDC), a indiqué lundi le gouvernement, qui entend coordonner une réponse humanitaire, sécuritaire et judiciaire.
— Pascal Mulegwa (@pascal_mulegwa) January 19, 2026
La Première ministre, Judith… pic.twitter.com/mG8lQb8cZd
Selon lui, cette réinstallation est conditionnée à l’établissement d’un périmètre de sécurité « solide » par les FARDC, ainsi qu’à la sécurisation de la ville par la police nationale congolaise (PNC), y compris dans les zones périphériques.
De son côté, l’AFC/M23, qui a dénoncé des pillages et autres actes de vandalisme après son retrait d’Uvira, a également déploré « une politique de persécution et d’épuration ethnique des Banyamulenge dans cette partie de la province du Sud-Kivu. »
« Les forces coalisées occupant la ville d’Uvira ont multiplié les attaques contre nos positions sur les Hauts Plateaux. Par ailleurs, sur d’autres axes, le dimanche 18 janvier 2026, les forces du régime de Kinshasa ont attaqué nos positions de Kipese dans le territoire de Lubero et le lundi 19 janvier 2026, elles ont lancé une offensive contre Kasoko dans le territoire de Masis au Nord-Kivu », a ajouté Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement rebelle.
Malgré le respect scrupuleux par l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) de ses engagements, notamment le retrait effectif de la ville d’Uvira de son Unité d’observation et de monitoring, ainsi que le respect strict du cessez-le-feu, les forces coalisées du… https://t.co/t0o28mdMiL
— Lawrence KANYUKA (@LawrenceKanyuka) January 19, 2026
Il a enfin accusé le régime de Kinshasa de provoquer « une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent avec son entêtement belliciste et son mépris persistant pour la vie humaine. »
Pour rappel, le gouvernement congolais était il y a encore jours sceptique face au retrait annoncé de l’AFC/M23 d’Uvira expliquant que cette décision est un non-événement et une manœuvre visant à distraire le médiateur américain pour ne pas sanctionner Kigali pour le non-respect de ses engagements dans le cadre du processus de Washington.
Reste à voir si à son tour Kinshasa posera des actions de bonne foi pour relancer le processus de Doha dans lequel il est en pourparlers direct avec l’AFC/M23.