La circulation d’un télégramme officiel évoquant l’évolution du dossier lié au statut administratif d’Oïcha et de Kasindi continue d’alimenter les débats dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC. Depuis la diffusion de ce document administratif estampillé « EXT-URGENT », plusieurs acteurs politiques et sociaux multiplient les prises de parole publiques, chacun tentant de se positionner comme un acteur clé de cette démarche attendue depuis plusieurs années par les populations locales.

Dans ce télégramme, les autorités provinciales militaires du Nord-Kivu sollicitent notamment un état des lieux sur la ville d’Oïcha et la commune frontalière de Kasindi. Bien que le contenu du document reste essentiellement administratif et technique, sa publication a rapidement suscité diverses interprétations au sein de l’opinion publique.

Face à cette agitation politique, certaines voix de la société civile appellent à la prudence. C’est notamment le cas de Kasereka Kathavira, acteur de la société civile locale, qui estime que ce dossier ne doit pas être transformé en instrument de récupération politique. Selon lui, la population attend depuis longtemps l’évolution de cette question administrative, mais le processus reste encore à ses débuts.

Il invite ainsi les responsables politiques à éviter les déclarations prématurées ou les tentatives d’attribution de mérite. « C’est une réponse à un besoin ressenti par la population depuis longtemps. Néanmoins, nous demandons aux politiciens d’éviter de trop commenter et de chercher déjà à s’attribuer les succès. Nous sommes encore au début du processus », a-t-il déclaré.

Kasereka Kathavira rappelle également le précédent du dossier de délimitation du parc national dans la zone dite « Congo ya Sika », en 2013. Selon lui, ce dossier avait provoqué beaucoup d’annonces et d’espoirs sans déboucher, jusqu’à présent, sur des avancées concrètes.

Pour cet acteur de la société civile, les responsables politiques devraient plutôt orienter leurs efforts vers le plaidoyer auprès des autorités compétentes afin d’accélérer les procédures administratives liées à cette revendication.

De leur côté, plusieurs sources administratives du territoire de Beni, contactées par téléphone, confirment l’authenticité du télégramme. Elles appellent toutefois la population à faire preuve de retenue et à ne pas perdre de vue les priorités actuelles du territoire, notamment les questions sécuritaires et le développement local.