Invité du LiveSpace du journaliste Stanys Bujakera sur X, l’opposant Delly Sesanga est revenu sur l’épineuse question de la crise en cours en RDC, caractérisée par la guerre contre le M23 à l’Est du pays.

Ce cadre de la coalition article 64 qui réunit plusieurs partis de l'opposition qui disent défendre l’ordre constitutionnel a ainsi évoqué le report très critiqué de leur manifestation pacifique prévue pour ce mercredi 22 juillet 2026 et qui avait pour but d’exiger la démission de Félix Tshisekedi accusé d’avoir « trahi son serment » et d’être « en rébellion contre la Constitution. »

Il a ainsi réitéré que cette décision constitue « un geste de responsabilité et traduit la volonté de cette plateforme de l’opposition d’épuiser toutes les voies du dialogue avant d’envisager toute nouvelle mobilisation citoyenne » : « En acceptant le dialogue, nous ne renonçons pas au combat », a-t-il déclaré affirmant que Félix Tshisekdi a reculé sous la pression de la C-64, revendiquant ainsi un succès de cette plateforme politique qui a réussi à porter le débat au niveau sous-régional et contraint Félix Tshisekedi à revenir sur son refus catégorique de tout dialogue national tant réclamé par toutes les parties conformément à la feuille de route de Luanda.

Interrogé sur le risque de faire, malgré lui, « le jeu d'un pouvoir accusé de gagner du temps pour démobiliser l'opposition », Delly Sesanga a rétorqué que cette même critique venait hier de ceux qui jugeaient impossible toute manifestation à Kinshasa et prônaient la seule voie armée : « Pourquoi les gens s'acharnent-ils à dire le 22, le 22, le 22 ? Il y aura une date. Et le peuple congolais sera là », a-t-il poursuivi refusant que le report de la marche du 22 juillet soit interprété comme un renoncement et insistant sur le caractère progressif de la démarche engagée.

L’ancien candidat à la présidentielle de 2023 qui a insisté que le président Tshisekedi se trouve désormais « dos au mur » et se doit de tenir sa parole sous peine de se détourner non seulement de la C-64, mais aussi des Églises et de l'ensemble de la société congolaise mobilisée pacifiquement « contre l'instauration d'une dictature », a clairement expliqué qu’il ne lui fait pas du tout confiance mais seulement aux pères de l'Église, réitérant que sans convocation effective du dialogue d'ici le 15 août ou en cas d’actes de provocation de la part du pouvoir durant cette période de trêve, à l’image d’une éventuelle promulgation de la très controversée loi sur le référendum ; la C-64 reprendra ses actions de terrain « sans se faire prier par personne. »

Delly Sesanga a par ailleurs signifié que le combat mené par sa coalition combine désormais actions de terrain, des initiatives diplomatiques et l’esprit de rassemblement, avec un objectif unique : « Empêcher par tous les moyens Félix Tshisekedi de modifier la Constitution. »

Pour ce qui de la démarche initiée par Félix Tshisekedi devant la cour constitutionnelle, le président du parti Envol a indiqué « ne rien attendre de celle-ci » pointant la légitimité de cette cour qu'il juge « calibrée par Tshisekedi pour être aux ordres » et constituée de manière irrégulière : « Ce qu'elle va raconter ne nous engage pas », a-t-il affirmé appelant à sortir purement et simplement cette institution du schéma politique de la C64.

Enfin, il a avancé que l'exigence reste la même quelle que soit l'instance concernée appelant tout le monde, en ce compris le président de la République, à se placer « en dessous de la loi et non au-dessus » : « Il ne lui revient pas de finir tous les problèmes du Congo », a-t-il conclu s’adressant à Félix Tshisekedi à qui il a rappelé que le seul devoir est de restituer au pays l'intégrité territoriale qu'il avait en héritage au moment de son serment.