Les efforts diplomatiques visant à mettre un terme à l’instabilité persistante dans l'est de la République démocratique du Congo ont connu une nouvelle étape mercredi 24 juin à Londres, où s'est tenue la sixième réunion du Comité mixte de surveillance (CMS) réunissant des représentants de la RDC, du Rwanda, des États-Unis, du Qatar, du Togo en sa qualité de médiateur de l'Union africaine, ainsi que de la Commission de l'Union africaine.
À l'issue des travaux, les participants ont fait part de leur profonde préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est de la RDC. Ils ont notamment dénoncé l'intensification des affrontements armés, l'impact des frappes de drones sur les populations civiles et leurs répercussions sur les efforts de paix, ainsi que l'aggravation de la crise humanitaire exacerbée par la résurgence de l'épidémie d'Ebola.
Face à cette situation, le Comité a souligné l'urgence de prendre des mesures concrètes pour rendre effectif le cessez-le-feu et préserver les avancées enregistrées dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours.
Des engagements renouvelés pour appliquer les Accords de Washington
Au cours de la réunion, les délégations congolaise et rwandaise ont présenté l'état d'avancement des engagements sécuritaires pris dans le cadre des mécanismes régionaux. Kinshasa a notamment exposé les efforts entrepris pour neutraliser les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), tandis que Kigali a informé les participants de l'évolution du processus de désengagement de ses forces et de la levée progressive de ses mesures défensives.
Les deux pays ont réaffirmé leur engagement à mettre pleinement en œuvre l'accord de paix signé le 27 juin 2025, communément appelé Accords de Washington, y compris les dispositions relatives à l'utilisation des drones.
Ils se sont également engagés à apaiser sans délai les tensions observées particulièrement dans la zone de Minembwe, en mobilisant leur influence respective auprès des différentes parties présentes sur le terrain afin d'éviter une nouvelle escalade.
Par ailleurs, la RDC et le Rwanda ont convenu de solliciter une extension du mandat du mécanisme de vérification MCVE+ afin qu'il puisse contrôler le respect des engagements découlant des Accords de Washington. Ils ont aussi promis de soutenir le déploiement rapide de l'EJVM+, chargé de conduire sa première mission de vérification dans les plus brefs délais.
Les deux parties ont en outre décidé de travailler dans le cadre du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS) pour favoriser l'échange de renseignements et dégager une compréhension commune des prochaines étapes opérationnelles nécessaires à l'application des accords conclus.
Kinshasa et Kigali ont également exprimé leur soutien aux négociations en cours entre le gouvernement congolais et l'AFC/M23 sous la médiation du Qatar dans le cadre du processus de Doha, estimant que ces pourparlers constituent un levier essentiel pour parvenir à une paix durable dans la région.
Enfin, les deux États se sont engagés à renforcer les mesures de confiance mutuelle, notamment en s'abstenant de toute rhétorique hostile, d'attaques politiques ou de déclarations susceptibles de compromettre la mise en œuvre intégrale des Accords de Washington, y compris au sein des enceintes internationales.
La RDC et le Rwanda ont salué l'implication constante des États-Unis, du Qatar, du Togo et de la Commission de l'Union africaine dans l'accompagnement du processus de paix. Ils ont également remercié le Royaume-Uni pour avoir accueilli cette importante rencontre diplomatique à Londres.
Selon le communiqué final, la prochaine réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité est prévue dans un délai de quinze jours, avec l'ambition d'accélérer les mesures destinées à consolider le cessez-le-feu et à créer les conditions d'une stabilisation durable de l'est de la RDC.