Une semaine après sa sortie médiatique dans laquelle elle avait critiqué l’attitude du président Félix Tshisekedi accusé de vouloir s’éterniser au pouvoir illégalement, et celle de l’ancien président Joseph Kabila pointé du doigt pour son recours aux armes pour revenir au pouvoir ; la Coalition Article 64 qui réunit des partis politiques de l'opposition qui disent défendre l'ordre constitutionnel confirme sa volonté de rencontrer dans les prochains jours à Kinshasa l’actuel chef de l’Etat congolais à Kinshasa puis son prédécesseur à Goma « afin de trouver une issue congolaise à la crise en cours dans le pays et convenir dans les meilleures conditions acceptables par tous à un vrai dialogue national inclusif pour la sauvegarde des intérêts nationaux et préserver l’essentiel. »

Annonce faite par Moise Katumbi, l’un des 5 membres du présidium de cette plateforme politique de l’opposition qui s’est exprimé sur Jeune Afrique sur leur tournée en Europe et prochainement aux Etats-Unis, entreprise auprès des chancelleries occidentales à l’issue d’une réunion qu’ils ont tenue à Rome.

Le président d’Ensemble pour la République a toutefois précisé qu’il ne se rendra pas à Kinshasa pour la rencontre avec Tshisekedi tout comme Matata Ponyo, tous deux en exil ; mais seront dans la délégation de la C64 qui se rendra à Goma pour rencontrer Kabila.

Et cette dernière rencontre, a-t-il dit, « se fera en plein jour ; au vu et au su de tous », ajoutant qu’il n’est pas question qu’on interdise aux opposants politiques de se rendre à Goma, une ville congolaise, et d’y rencontrer un ancien président de la République pour échanger entre congolais ; d’autant plus que le gouvernement central dialogue avec son mouvement politico-militaire, le FRN qui a succédé à l’AFC/M23, dans le cadre du processus de Doha.

Moïse Katumbi a toutefois indiqué que les leaders de la C64 « n’ont pas prévu de rencontrer le président rwandais Paul Kagame » même s’ils passeront par le Rwanda pour arriver à Goma, et s’est refusé de le citer comme partie prenante à la crise signifiant ne pas être là pour juger les gens mais bien pour trouver une solution.

Rappelant s'être déjà réconcilié avec Joseph Kabila, il dit s'opposer désormais à « toute personne qui veut toucher à la Constitution » mais rejette en même temps le recours aux armes en invoquant l'article 64.

En clair, Moise Katumbi et la C64 plaident pour « un compromis à l'amiable. »

Pour rappel, Corneille Nangaa, vice-président du FRN de Joseph Kabila, tout en critiquant la posture équilibriste de la C64, avait invité ses leaders à Goma « pour des échanges », leur promettant un accueil chaleureux et des honneurs ; reste à savoir s’ils seront reçus à Kinshasa et surtout si une fois à Kinshasa, ils seront libres de leur mouvement.