Annoncée depuis le mardi 24 février dernier sans toutefois être confirmé officiellement, la mort de Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, fait l’actualité en RDC.

Ce dernier a été tué par un drone des FARDC dans une attaque qui visait un cortège des chefs militaires du mouvement rebelle près de Rubaya dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu.

Si l’ensemble de leaders de l’AFC/M23 ont simplement publié des messages laconiques sur ce sujet, se limitant à accuser le régime de Kinshasa de violer sans cesse le cessez-le-feu recommandé dans le cadre du processus de Doha et réitéré il y a quelques jours par l’Angola qui mène une nouvelle médiation dans ce conflit ; ceux-ci se montrent peu inquiets de la posture belliqueuse affichée par les forces gouvernementales et se disent résolument engagés à poursuivre leur lutte.

Le mercredi 25 février dernier, le gouverneur du Nord-Kivu Bahati Musanga Erasto, installé par l’AFC/M23, a clairement signifié lors d’un meeting populaire organisé à Ishasa dans le territoire de Rutshuru, que son mouvement poursuivra son combat malgré que ses leaders sont ciblés par les drones de Kinshasa : « Aujourd'hui, Félix Tshisekedi nous tue et tue les populations civiles. Mais même s’il me tue moi aussi tout comme les commandants de notre armée, il ne réussira pas à faire périr notre cause et au finish, cette cause demeurera et nous la poursuivront jusqu’au bout. Et si demain nous ne serons plus là, et dans l’hypothèse que nous n’aurons pas pris le rênes de ce pays, ce sont nos enfants qui continueront la lutte », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs déploré une mauvaise gouvernance chronique du régime de Tshisekedi, caractérisée par une corruption endémique, le détournement systématique des deniers publics et une épuration ethnique visant la communauté Banyamulenge, appelant par ailleurs vivre-ensemble, à l’unité et à la cohésion sociale.