En République démocratique du Congo, la suspension de la Lutte pour le Changement (LUCHA) dans le territoire de Mambasa, en Ituri, suscite une vive réaction du mouvement citoyen. Dans une déclaration publiée le 26 juin, la section locale de la LUCHA rejette la décision de l'administrateur du territoire, qu'elle juge contraire à la Constitution et aux engagements internationaux de la RDC en matière de droits humains.
Cette réaction intervient après une décision administrative prise le 17 juin suspendant les activités de la LUCHA sur toute l'étendue de Mambasa. Le mouvement affirme avoir découvert cette mesure à travers les réseaux sociaux avant d'en examiner le contenu.
Dans son communiqué, la LUCHA soutient qu'aucune base légale ne permet à l'autorité territoriale de suspendre un mouvement citoyen. Elle rappelle que la Constitution congolaise garantit les libertés d'expression, de réunion et de manifestation pacifique, tout en soulignant que les traités internationaux ratifiés par la RDC protègent également ces droits.
Le mouvement revient aussi sur la récente opération « ville morte » organisée à Mambasa. Il assure avoir respecté la procédure prévue par la loi en informant préalablement les autorités compétentes. La LUCHA rejette par ailleurs les accusations de chantage, de pressions sur les opérateurs économiques et d'incitation à la rébellion évoquées dans la décision de suspension, estimant qu'elles ne reposent sur aucun élément de preuve.
Au-delà du cas de Mambasa, la LUCHA considère que cette décision traduit une volonté de restreindre l'espace civique. Le mouvement appelle les autorités à privilégier le dialogue plutôt que les mesures de restriction des libertés publiques.
Malgré cette suspension, la LUCHA affirme qu'elle poursuivra son engagement citoyen par des moyens exclusivement pacifiques. Elle invite également les habitants de Mambasa à rester calmes, unis et attachés aux principes de la non-violence, tout en réaffirmant son combat contre la corruption, la mauvaise gouvernance et les atteintes aux droits fondamentaux.