Dans la commune rurale de Kasindi, à la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, les autorités locales ont confirmé l’accueil de 68 ressortissants congolais expulsés du territoire ougandais pour séjour irrégulier. Leur arrivée a suscité diverses réactions ainsi qu’une vague de rumeurs sur les réseaux sociaux, rapidement démenties par les services de sécurité.

Le groupe, composé de 29 hommes, 18 femmes et 21 enfants, a été reconduit à la frontière le mercredi 17 juin par les autorités ougandaises du district de Masaka. Selon les informations officielles, ces personnes séjournaient en Ouganda en situation irrégulière avant d’être rapatriées vers la RDC.

À leur arrivée à Kasindi, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, elles ont été provisoirement hébergées dans les installations de l'Église de la 8ᵉ CEPAC, situées au quartier Congo ya Sika, cellule Rwamavingu.

Très vite, des messages diffusés sur les réseaux sociaux ont fait état de la présence d’un groupe d’environ 70 personnes jugées suspectes, alimentant la confusion au sein de cette cité frontalière. Les autorités ont rejeté ces allégations, les qualifiant de rumeurs infondées.

Le comité local de sécurité précise qu’il s’agit exclusivement de citoyens congolais rapatriés pour des raisons administratives liées à leur statut migratoire, sans aucun lien avec des activités criminelles.

Le bourgmestre de la commune rurale de Kasindi, Bwambale Mughanirwa Gilbert, a appelé la population au calme et à la prudence dans la diffusion des informations.

« Ils ont été expulsés de l’Ouganda. Au total, ils étaient 68, mais lors de l’appel nominal, nous avons constaté qu’un adulte ainsi que des jumeaux étaient restés en Ouganda. Ces personnes ont été retrouvées dans une église en train de prier et, après vérification par le ministère ougandais de l’Intérieur, elles ont été considérées comme des immigrés clandestins dépourvus de documents de séjour », a-t-il expliqué.

L’autorité communale a également détaillé les dispositions prises à leur arrivée :

« Nos services de sécurité, la Direction générale de migration (DGM) ainsi que le Programme national d’hygiène aux frontières les ont pris en charge. Des investigations ont été menées, notamment une surveillance épidémiologique afin de s’assurer qu’aucune de ces personnes ne présentait de problème de santé. Une fois ces procédures achevées, la question de l’hébergement s’est posée. Kasindi ne dispose pas d’un centre de transit pour accueillir les personnes expulsées de l’Ouganda. Nous avons donc sollicité l’Église de la CEPAC, dont plusieurs d’entre eux sont fidèles originaires de Bukavu. L’église qu’ils fréquentaient à Masaka est également affiliée à la CEPAC. Avec l’appui du président de l’ECC, qui est aussi responsable de la CEPAC, nous avons obtenu un hébergement temporaire. Nous allons les accompagner jusqu’à leur retour dans leurs milieux d’origine. »

Les autorités locales invitent enfin la population à se référer aux canaux officiels d’information afin d’éviter la propagation de fausses nouvelles dans cette zone frontalière particulièrement sensible.