Alors que le président Félix Tshiskedi a réitéré que le dialogue national tant réclamé par différentes parties, annoncé depuis quelques semaines aura bel et bien lieu, le porte-parole du gouvernement congolais maintient de son côté que ce dernier a pour but « de créer un front commun contre l’agression autour du président Félix Tshisekedi »

C’est ce qu’a expliqué Patrick Muyaya lors d’un briefing de presse à Kinshasa, appelant « les acteurs attachés à la défense du pays à se retrouver autour de cet objectif. »

Le porte-parole du gouvernement congolais, qui avait déjà signifié que l'AFC/M23 ne prendra pas part à ce dialogue, a cette fois exclu « toute participation visant à légitimer des positions contraires aux intérêts de la RDC » : « Il ne faudrait pas qu’il y ait un congolais qui vienne siéger dans ce dialogue-là pour défendre les thèses du Rwanda, l’ennemi », a-t-il déclaré disant laisser ouverte la voie de la repentance aux congolais impliqués, à divers degrés, dans la crise, « à condition qu’ils rompent avec toute complicité dans l’agression et choisissent de se ranger du côté de l’intérêt national. »

Il faut dire que cette position tranche avec l’inclusivité voulue par ceux qui demandent depuis plusieurs mois la tenue de ce dialogue devant mettre fin à la crise en cours en RDC, caractérisée par la guerre contre l’AFC/M23 à l’Est du pays.

Le mouvement rebelle, qui a toujours soutenu l'idée d'un dialogue national, semble ne pas être intéressé par cette initiative portée par le gouvernement congolais privilégiant celle de la CENCO et de l’ECC qui semble bien différente.

Dans le même temps, une bonne partie de l’opposition non armée, à l’instar de certains leaders de coalition Article 64 qui réunit les partis politiques de l’opposition qui disent défendre l’ordre constitutionnelle ; exige « la participation Joseph Kabila et de Corneille Nangaa à ce dialogue », soulignant qu’ils sont eux aussi parties prenantes : « S’ils ont des griefs contre Tshisekedi ou contre le pays, mais si on se parle, on peut laver les mains », a déclaré Martin Fayulu.

Jean-Jacques Mamba, un cadre du mouvement rebelle, a de son côté avancé que « le dialogue ne saurait avoir pour vocation de renforcer un individu qui a décidé de renverser l’ordre constitutionnel » : « Personne ne vient pour se ranger derrière lui au contraire, il sera mis en face de ses responsabilités et sera signifié de son préavis », a-t-il écrit sur X.

Reste à savoir qui prendre effectivement part à ce dialogue que Félix Tshisekedi dit vouloir « différent de tous les dialogues qu’a connus la RDC », et sur quoi il va réellement porter.