La République démocratique du Congo (RDC) traverse depuis plusieurs décennies une crise sécuritaire et humanitaire majeure, notamment dans sa partie orientale où les conflits armés continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et des pertes humaines considérables.

Malgré cette réalité, le pays demeure un foyer de créativité et du courage, porté par une jeunesse qui utilise la culture et le sport comme moyens d’expression et de revendication.

Dans un contexte marqué par ce que de nombreux observateurs qualifient de silence ou d’inaction de la communauté internationale, artistes, musiciens, danseurs, stylistes, humoristes et performeurs congolais investissent l’espace public et médiatique pour attirer l’attention sur la situation de leur pays.

Leur démarche dépasse le cadre artistique ; elle s’inscrit dans une volonté de sensibilisation et de transmission de mémoire.

Cette dynamique a trouvé un écho particulier lors de la récente Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc.

En marge de la compétition, la performance de Michel Kuka Mboladinga, connu sous le pseudo de « Lumumba », a suscité une large attention médiatique.

Par une imitation silencieuse et immobile de Patrice Emery Lumumba pendant près de 90 minutes du match, l’artiste a marqué les esprits.

Ce geste fort, largement relayé sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias internationaux, a rappelé le poids de l’histoire congolaise et la permanence de ses luttes.

Dans ce contexte, l’élimination de la RDC à la CAN a été vécue comme un événement dépassant le cadre sportif.

Pour une grande partie de la population, le football représente l’un des rares espaces d’unité nationale et de visibilité internationale.

Chaque match devient alors une vitrine, et chaque défaite, une occasion manquée de faire entendre une voix collective.

En RDC, le sport occupe ainsi une place singulière : il agit comme un vecteur social et, parfois, comme un levier politique indirect.

Les performances de l’équipe nationale sont souvent perçues comme le reflet des espoirs et des frustrations d’un peuple confronté à une instabilité persistante.

À l’approche des qualifications pour la Coupe du monde 2026, l’enjeu est de taille.

La RDC n’a plus participé à une phase finale mondiale depuis plus de quarante ans.

Une qualification représenterait bien plus qu’un succès sportif : elle offrirait au pays une tribune mondiale pour rappeler son existence, sa culture et les défis auxquels il reste confronté.

À travers la culture et le football, la RDC continue de chercher des espaces d’expression.

Dans un pays où la parole politique peine souvent à être entendue à l’international, ces domaines deviennent des canaux essentiels pour porter le récit d’un peuple résilient, créatif et déterminé à ne pas disparaître du débat du débat mondial.