La récente sortie médiatique du président Félix Tshisekedi qui a clairement ouvert à un 3ème mandat se disant prêt à rester à la tête du pays si le peuple le lui demande, et affirmant qu’il n’aura pas d’élections en 2028 sans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu ; suscite de nombreuses réactions.

Ceci, d’autant plus que nombreux de ses détracteurs l’accusent depuis plusieurs mois « d’entretenir la guerre à l’Est du pays pour s’éterniser au pouvoir. »

Pour l’ancien candidat à la Présidentielle de 2028, Delly Sesanga, cette démarche risque d’entrainer la RDC dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir : « Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive », a-t-il écrit sur X.

De son côté Seth Kikuni, également candidat à la dernière présidentielle de 2023, a avancé que si Félix Tshisekedi « menace de confisquer 2028 par la guerre, les oppositions armée et non armée vont s’unir pour lui faire échec » : « Ils n'auront qu'un seul chemin : franchir le Rubicon et jeter les dés », a-t-il déclaré.

Enfin, l’opposant Claudel Lubaya a lui signifié « qu’aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit » : « Notre loi fondamentale organise exclusivement les modalités de sa révision, et non celles de sa transgression, sous peine de haute trahison. Dès lors, invoquer une prétendue « volonté du peuple » pour justifier une intention frauduleuse n'est que duperie », a-t-il expliqué martelant que l’actuelle constitution de la RDC « encadre strictement les modalités de sa révision (article 218) et consacre le devoir de sa protection (article 64) », et soutenant que « toute violation intentionnelle de ses dispositions, notamment par les autorités publiques, est susceptible de constituer une haute trahison au sens des articles 164 et 165. »