Par Claudel Lubaya

Il est des fonctions qui imposent davantage qu’un pouvoir : elles imposent une présence. 

Être Président de la République, et plus encore Commandant suprême des Forces armées, ne consiste pas seulement à présider des conseils des ministres, à prononcer des discours ou à multiplier les déplacements à l’étranger.

C’est d’abord partager les épreuves de la nation, incarner la solidarité nationale dans les moments de détresse et porter, physiquement autant que symboliquement, le poids des angoisses du peuple.

Or, c’est précisément sur ce terrain que Félix Tshisekedi est complètement en rupture avec le pays réel, physiquement éloigné des drames nationaux et, pis encore, émotionnellement distant des angoisses des Congolais.

Depuis 2022, les militaires congolais se battent dans des conditions extrêmement difficiles, parfois avec des moyens insuffisants, souvent au prix de leur vie.

Pourtant, celui qui est le Commandant suprême ne s'est jamais rendu sur les lignes de front pour leur témoigner directement le soutien de la Nation.

Ni au Nord-Kivu, ni au Sud-Kivu, il n'a jugé utile d'accomplir ce geste pourtant élémentaire de commandement et de solidarité.

Lui-même a beau expliquer suivre l'évolution de la situation à travers son téléphone et les réseaux sociaux !

Pendant que les soldats affrontent le danger, leur chef suprême se pavane dans les salons des grands hôtels de New York, Paris ou Bruxelles, ou encore dans les tribunes de manifestations sportives de prestige à l'étranger.

Chacun de ces déplacements peut, individuellement, trouver une justification diplomatique ou protocolaire.

Mais leur accumulation, au regard de la gravité de la situation nationale, traduit un décalage profond entre les priorités du pays et celles de son premier dirigeant.

De même, l'Ituri fait aujourd'hui face à une double tragédie : une insécurité persistante et une nouvelle résurgence de l'épidémie d'Ebola.

En juin dernier, aux côtés du président sud-africain Cyril Ramaphosa en visite officielle à Kinshasa, Félix Tshisekedi avait publiquement annoncé son intention de se rendre en Ituri.

L'annonce répondait à l’attente de le voir manifester sa compassion envers une population meurtrie. Pourtant, plusieurs semaines plus tard, ce déplacement n'a jamais eu lieu. A la place, il vient de dépêcher la Première ministre.

Là où les Congolais vivent l'angoisse, l'incertitude et la peur, Tshisekedi brille toujours par sa remarquable absence.

Les lieux où la Nation souffre ne figurent jamais parmi les priorités de son agenda. En revanche, lorsqu'il s'agit de fêtes d'anniversaire, de mariages ou d'autres activités récréatives, sa présence est remarquablement constante.

Les rendez-vous mondains et les festivités qui se prolongent jusque tard dans la nuit bénéficient de son attention que les théâtres de la souffrance nationale n'obtiennent jamais.

Ce contraste, à lui seul, résume le profond décalage entre les priorités présidentielles et les angoisses quotidiennes des Congolais.

A force de se soustraire à ces rendez-vous essentiels avec la souffrance nationale, Félix Tshisekedi donne le sentiment d'un homme qui n'a jamais pleinement mesuré la portée de la magistrature suprême.

Une fonction qui exige de partager les inquiétudes du peuple avant d'en revendiquer les honneurs, d'assumer les devoirs avant de jouir des privilèges, et de se tenir auprès de ceux qui souffrent avant de rechercher les lumières des scènes internationales.

Par Claudel Lubaya