Un mouvement intense a été observé ce lundi 18 mai à la frontière de Kasindi, en territoire de Beni, au Nord-Kivu. Comme à l’accoutumée, un important trafic de personnes et de marchandises a été enregistré au poste douanier situé entre la RDC et l’Ouganda. Mais cette fois-ci, l’activité frontalière se déroule sous haute surveillance sanitaire après l’apparition de cas d’Ebola de la souche Bundibugyo signalés dans les deux pays.
Sur place, les dispositifs de prévention ont été renforcés aussi bien du côté congolais que du côté ougandais. Le lavage des mains est désormais obligatoire pour tous les passants avant le franchissement de la frontière. Des agents sanitaires procèdent également à la prise systématique de la température des voyageurs afin de détecter d’éventuels cas suspects.
Le Programme national d’hygiène aux frontières (PNHF) travaille en coordination avec les équipes sanitaires ougandaises pour harmoniser les mesures préventives au poste frontalier de Kasindi. Un agent rencontré sur place au niveau du dispositif de contrôle sanitaire affirme que, jusqu’à présent, aucun cas suspect n’a encore été enregistré dans cette zone frontalière.
Cette vigilance concerne particulièrement les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, côté congolais, ainsi que le district de Bundibugyo, en Ouganda, où l’épidémie a déjà été signalée.
Au-delà des mesures visibles au poste frontalier officiel, la société civile, forces vives de Kasindi, appelle à un renforcement drastique de la surveillance sanitaire. Par la voix de son premier rapporteur, Paul Zaidi, elle demande aux autorités compétentes ainsi qu’aux services de sécurité d’intensifier les contrôles au niveau des pistes clandestines longeant la rivière Lubiriha, frontière naturelle entre la RDC et l’Ouganda.
« Nous appelons les autorités sanitaires ainsi que les services de sécurité à renforcer davantage les mesures d’hygiène à la frontière de Kasindi, particulièrement au niveau des pistes clandestines longeant la rivière Lubiriha. La vigilance doit être collective afin de limiter les risques de propagation de cette 17e épidémie d’Ebola entre la RDC et l’Ouganda », a déclaré Paul Zaidi, premier rapporteur de la société civile forces vives de Kasindi.
Selon cette structure citoyenne, plusieurs trafiquants empruntent régulièrement ces passages frauduleux pour contourner les formalités douanières, une situation qui pourrait compliquer les efforts de prévention sanitaire engagés dans la région.
Face au risque de propagation transfrontalière, les autorités sanitaires congolaises et ougandaises multiplient depuis plusieurs jours les mesures d’hygiène et les dispositifs de contrôle aux différents postes frontaliers afin de contenir cette 17e épidémie d’Ebola.