Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est adressé à la nation dans la soirée du dimanche 7 juin à travers un discours d’environ trente minutes largement consacré à la question de l’immigration et aux tensions sociales qui secouent actuellement le pays.

Face à la montée des manifestations à caractère xénophobe observées ces dernières semaines, le chef de l’État a annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer le contrôle migratoire.

Parmi elles figurent le durcissement de la surveillance aux frontières, un contrôle accru des entreprises employant des migrants en situation irrégulière ainsi qu’une modernisation du système d’immigration afin de le rendre plus efficace.

Ces violences ont déjà fait plusieurs victimes. Selon la présidence du Mozambique, cinq de ses ressortissants ont perdu la vie dans les troubles récents en Afrique du Sud. Dans ce climat tendu, Cyril Ramaphosa a lancé un appel à l’unité et au rejet de toute forme d’intolérance.

« Le peuple sud-africain n’est pas xénophobe. Il n’y a pas de place dans notre société pour la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’afrophobie ou toute autre forme de discrimination. Nous ne devons pas permettre à certains groupes d’exploiter les préoccupations légitimes de nos citoyens pour encourager la violence et la division », a déclaré le président sud-africain.

Sous pression à quelques mois des élections municipales, le président et son parti, l’African National Congress (ANC), cherchent à répondre aux inquiétudes croissantes de la population sur la question migratoire.

Dans cette optique, Cyril Ramaphosa a également annoncé la création prochaine de tribunaux spécialisés chargés d’accélérer les procédures d’expulsion des migrants en situation irrégulière. Il a par ailleurs promis un renforcement des sanctions contre les employeurs qui enfreignent les lois sur l’immigration, y compris des peines de prison.

De son côté, le ministre sud-africain des Affaires étrangères a critiqué ce week-end l’attitude du Ghana, accusé d’avoir transformé en « spectacle public » le rapatriement médiatisé de centaines de ses ressortissants.