À Kasindi, cité frontalière située dans le groupement Basongora en secteur de Ruwenzori dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, la pénurie d’essence observée depuis plusieurs jours provoque une flambée de prix du carburant et perturbe le quotidien des habitants.

Considérée comme l’une des principales portes d’entrée de la République démocratique du Congo, Kasindi occupe la troisième place parmi les postes frontaliers les plus importants du pays, après Matadi et Kasumbalesa.

Cette cité, ouverte sur l’Ouganda à travers le poste de Mpondwe, constitue un carrefour majeur pour les échanges commerciaux dans l’Est du pays.

Dans plusieurs stations-service de la cité, le carburant se fait rare. Chez les petits revendeurs, communément appelés Kadafemen, le litre d’essence, vendu habituellement à 3.000 francs congolais, se négocie désormais à 8.000 francs congolais.

Selon plusieurs sources proches des exploitants de stations-service, cette situation serait liée aux tensions internationales au Moyen-Orient, notamment aux perturbations de l’approvisionnement pétrolier passant par le détroit d’Ormuz.

Face aux inquiétudes de la population, les autorités locales tentent de rassurer. Le chef du service de l’Économie à Kasindi, Kambale Mughasa Amos, affirme que des démarches sont en cours pour rétablir l’approvisionnement : « Nous sommes à pied d’œuvre. D’un moment à un autre, la situation va se décanter », a-t-il déclaré à notre reporter.

Cette flambée du prix du carburant a rapidement eu des répercussions sur le transport urbain.

Le tarif de la course en moto-taxi, qui se négociait à 1.000 francs congolais, est passé à 2.000 francs congolais, soit une hausse de 100 %.

Dans cette zone stratégique du territoire de Beni, où les mouvements des personnes et des marchandises sont constants, la hausse des coûts de transport risque d’impacter davantage les activités commerciales et le pouvoir d’achat des ménages.

Il faut dire que Kasindi demeure un point névralgique pour l’économie du Nord-Kivu et pour les recettes douanières de l’État congolais.