L’opposant Delly Sesanga, président du parti politique Envol et membre de la coalition Article 64 qui réunit plusieurs partis politiques qui disent défendre l’ordre constitutionnel, était le jeudi 18 juin dernier au siège de la CENCO à Kinshasa où il a exposé la position de l’opposition sur le projet de changement ou révision de la Constitution porté par le camp de Félix Tshisekedi.

Cette séance s’inscrivait dans le cadre de l’assemblée plénière extraordinaire des évêques catholiques, qui recueillent, comme c’était déjà le cas de l’ECC, les avis des différentes parties avant de rendre leur position, attendue au plus tard samedi 20 juin prochain.

A part Delly Sesanga, Jean-Claude Tshilumbayi, cadre de l'UDPS et premier vice-président de l'Assemblée nationale a également motivé la position de la majorité au pouvoir qui tient coûte que coûte doter le pays d’une nouvelle loi fondamentale malgré la crise en cours caractérisée par la guerre contre le M23 à l’Est du pays.

L’ancien candidat à la présidentielle de 2023, qui a soutenu que le seul objectif de Félix Tshisekedi est de changer la constitution pour exercer un pouvoir illimité et sans fin, a expliqué que défendre aujourd’hui la Constitution du 18 février 2006 ne signifie ni sacraliser un texte humain, ni s’opposer par principe à toute évolution institutionnelle : « Aucune constitution n’est parfaite, et aucune œuvre humaine n’est immuable. Notre démarche n’est pas celle d’un conservatisme qui ferait de la Constitution un fétiche juridique. Elle procède d’une conviction plus profonde : dans les circonstances que traverse notre pays, la fidélité à la Constitution est d’abord une fidélité au peuple congolais », a-t-il déclaré.

Delly Sesaga, qui a assuré que la constitution n'est pas seulement un texte mais plutôt « un pacte de paix conclu après des années de guerre », a signifié que l’actuelle loi fondamentale de la RDC « n’est pas née du seul règlement des conflits armés de 1998 à 2002 » et qu’elle n’émane pas des belligérants : « Ce n’est pas une constitution des gens aux mains sales, c’est une constitution écrite par les congolais dans un contexte de prise de responsabilités et de conscience que nous devons nous donner un pacte de stabilité qui mette fin à des conflits récurrents et qui fasse en sorte que la question de la dévolution du pouvoir ne pas nous diviser au point d’inviter l’ennemi extérieur interférer dans nos différends politiques », a-t-il ajouté disant défendre les garanties qui protègent les citoyens contre l’arbitraire et l’espérance que le pouvoir demeure soumis à la loi et non l’inverse.

« Le danger, ce n’est pas la modification d’un texte, le véritable danger c’est la remise en cause de la confiance collective dans les règles qui fondent la légitimité d’un pouvoir. Aujourd’hui, si on se sépare de cette constitution, c’est la nation elle-même est divisée », a-t-il conclu martelant que le changement de la Constitution, dans le contexte actuel de la RDC, » constituerait une grave erreur morale, politique et juridique. »

Notez que des constitutionnalistes ainsi que des experts issus de la majorité et de l'opposition sont associés aux travaux de l’assemblée plénière extraordinaire de trois jours des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo ; consacrée principalement à la question du changement ou de la révision de la Constitution.