Alors que la guerre contre le M23 à l’Est de la RDC s’enlise, le débat sur la tenue des élections en 2028 grandit peu à peu dans l’opinion publique congolaise.

Si certains militants et proches du camp présidentiel commençaient déjà à remettre en cause l’organisation des scrutins dans le pays alors qu’une grande partie des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu est occupée depuis près d’un an ; ce sont désormais des juristes réputés « proches du pouvoir », qui s’en mêle.

« Tant que Paul Kagame est à Kigali, nous devons garder Félix Tshisekedi à Kinshasa », a ainsi lancé cette semaine le professeur Albert Kabasele Yenga Yenga.

Pour le directeur de l’institut supérieur pédagogique et technique de Kinshasa (ISPT), « il ne faut plus penser aux élections » : « Est-ce qu’il y a un projet d’élections en Ukraine ? », répond-t-il en comparaison à la RDC qu’il présente comme « un pays en guerre. »

De son côté, Maître Jean-Marie Kabengela Ilunga, a avancé que si la CENI organise les élections en 2028 sans le Nord et le Sud-Kivu, « il y a un risque de balkanisation » : « L’AFC/M23 pourrait réclamer l’indépendance de cette partie du Congo », a-t-il déclaré estimant qu’il faut laisser le président Félix Tshisekedi continuer après 2028, « car il a été empêché par la rébellion d’accomplir intégralement et totalement son mandat. »

Il faut dire que de nombreux opposants accusent le président Félix Tshisekedi « d’entretenir la guerre contre le M23 à l’Est de la RDC pour s’éterniser au pouvoir. »

L’ancien candidat à la présidentielle de 2023 Martin Fayulu a même soutenu que Félix Tshisekedi doit partir avant même 2028 pour que la classe politique s’accorder sur une transition avant l’organisation de nouvelles élections en 2028.