Mis en cause dans la progression spectaculaire ces derniers jours du M23 dans la province du Sud-Kivu avec notamment la chute de la ville stratégique d’Uvira entre les mains du mouvement rebelle, et accusé par Kinshasa de violer délibérément l’accord de Washington tout en régionalisant le conflit avec des attaques contre le Burundi, le Rwanda réagit et pointe du doigt la responsabilité de l’armée congolaise et l’Armée burundaise dans les récentes offensives militaires dans cette région.
Dans un communiqué, le ministère rwandais des affaires étrangères a accusé les armées congolaise et burundaise avec une coalition composée de combattants FDLR, de résistants Wazalendo et de mercenaires étrangers, de bombarder systématiquement des villages civils proches de la frontière rwandaise à l’aide d’avions de chasse et de drones d’attaque, forçant le M23 à réagir pour contrer ces attaques.
« La responsabilité des violations du cessez-le-feu, des attaques en cours et des combats en province du Sud-Kivu, en RDC, ne peut être imputée au Rwanda », avance la diplomatie rwandaise qui indique qu’à la suite des bombardements de Kamanyola depuis le Burundi au cours de la semaine dernière, « plus de 1.000 citoyens congolais ont traversé la frontière pour se réfugier à Bugarama, dans le sud du Rwanda », où ils sont hébergés au camp de transit de Nyarushishi.
VIOLATION DU CESSEZ-LE-FEU DES ACCORDS DE WASHINGTON PAR LES ARMÉES DE LA RDC ET DU BURUNDIhttps://t.co/T888Qvt9px pic.twitter.com/xW2rGcw20s
— Ministry of Foreign Affairs & Int'l Cooperation (@RwandaMFA) December 10, 2025
« L’Armée burundaise a massé près de 20.000 soldats dans le Sud-Kivu au service du Gouvernement de la RDC, et a notamment assiégé les villages banyamulenge de Minembwe dans une tentative délibérée d’affamer les habitants. La RDC a déclaré ouvertement qu’elle n’observerait aucun cessez-le-feu et qu’elle combattait pour reprendre les territoires perdus au profit de l’AFC/M23, alors même que le processus de paix avançait. Les détails de cette poursuite d’une solution militaire ont été portés à l’attention de la communauté internationale, bien qu’elle dispose de ses propres moyens de vérification et que la plupart des informations soient publiques », explique le ministère rwandais des affaires étrangères qui reproche à la communauté internationale « de ne pas avoir exigé la fin de ces attaques préparées depuis des mois par la RDC et déclenchées la semaine dernière. »
« En outre, le manquement de la RDC à neutraliser les FDLR, comme stipulé dans l’Accord de Paix de juin 2025, continue de retarder la résolution du conflit dans l’Est de la RDC, qui constitue l’objectif ultime des Accords de Washington », poursuit Kigali qui estime qu’il est désormais clair que « la RDC n’a jamais été prête à s’engager pour la paix, même si le Président Tshisekedi a participé à la cérémonie du 4 décembre, comme s’il avait été contraint de signer les Accords. »
Enfin, la diplomatie rwandaise soutient que ces violations délibérées des accords récemment négociés « constituent des obstacles sérieux à la paix, entraînant la souffrance persistante des populations de l’Est de la RDC, ainsi qu’une menace sécuritaire pour la frontière occidentale du Rwanda » : « Un retour à la mise en œuvre complète des Accords de Washington constitue une priorité urgente, tout comme la conclusion des annexes restantes de l’Accord de Doha entre la RDC et l’AFC/M23. Il s’agit de la voie la plus viable vers la paix, la stabilité et la prospérité dans la région des Grands Lacs », conclut le ministre rwandais des affaires étrangères.