Une organisation locale tire la sonnette d’alarme sur la situation humanitaire jugée « extrêmement préoccupante » des personnes déplacées internes dans le territoire de Beni en province du Nord-Kivu.

Dans un document adressé au gouverneur militaire du Nord-Kivu, la Mission de compassion aux opprimés et aux vulnérables (MCOV), basée à Kasindi, alerte sur les conditions de vie « très précaires » de milliers de déplacés installés dans cette zone frontalière.

Des populations fuyant les violences et des conditions de vie alarmantes

Selon cette organisation, la majorité de déplacés proviennent de zones affectées par les violences armées impliquant notamment le M23 et les ADF/NALU.

Ces populations ont fui l’insécurité persistante pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres, notamment dans le groupement Basongora en secteur Ruwenzori.

La MCOV décrit une situation humanitaire critique : Manque d’accès à l’eau potable, insuffisance de soins de santé, absence d’abris adéquats et faibles dispositifs de protection.

Il rapporte également des femmes, enfants, personnes âgées et vivant avec handicap qui sont particulièrement exposés à des risques accrus de malnutrition, de maladies et de violations de leurs droits fondamentaux.

Malgré des alertes répétées des acteurs locaux, l’organisation regrette une réponse jugée insuffisante face à l’ampleur des besoins sur le terrain.

Plus de 15.000 personnes concernées ; un appel à une action urgente

Des données statistiques annexées au document font état d’au moins 15.180 déplacés internes recensés dans plusieurs aires de santé, notamment à Kangahuka, Lubiriha, Kasindi,Muramba, La Frontière et Masambo

Ces déplacés sont répartis dans plus de 6.300 ménages, selon les chiffres fournis.

Face à cette situation, la MCOV appelle les autorités congolaises et leurs partenaires à renforcer la réponse humanitaire dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri ; à mobiliser les acteurs humanitaires nationaux et internationaux ; à garantir une assistance coordonnée et adaptée aux besoins prioritaires mais aussi à saisir le Conseil de sécurité des Nations unies pour des mesures visant à mettre fin aux violences et sanctionner les auteurs d’abus.

L’organisation se dit également prête à collaborer avec les autorités et les partenaires pour contribuer à soulager les souffrances des populations affectées.

La publication de ce document le 4 avril 2026 à Kasindi par son secrétaire exécutif, intervient dans un contexte de persistance des conflits armés dans l’Est de la RDC où les crises humanitaires restent parmi les plus graves au monde.