La République démocratique du Congo a officiellement saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) contre le Rwanda, accusé de violations graves du droit international commises sur le territoire congolais depuis 1996.

Le dépôt de la requête a été effectué ce vendredi 26 juin 2026 à La Haye par le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.

Dans une déclaration solennelle, ce dernier a indiqué que le gouvernement congolais demande à la Cour internationale de Justice de constater la responsabilité internationale de Kigali pour violation de plusieurs conventions internationales, réaffirmant sa confiance en la justice et le droit international.

Dans un communiqué publié le même jour, la CIJ a confirmé avoir enregistré la requête congolaise.

Selon la Cour, la RDC accuse le Rwanda d'exactions commises « dans le cadre d'une campagne génocidaire et de violations graves et massives des droits humains » menées dans l'est du pays de 1996 à ce jour.

Kinshasa soutient que ces violences ont visé des populations hutu réfugiées en RDC après le génocide de 1994 contre les Tutsis, ainsi que plusieurs communautés congolaises, notamment les Nyindu, Bembe, Lega, Nande, Hunde et Bashi.

Une démarche pas si nouvelle

La RDC fonde sa requête sur quatre conventions internationales relatives à la prévention du génocide, à l'élimination de la discrimination raciale, à la lutte contre les discriminations à l'égard des femmes et à l'interdiction de la torture.

Le gouvernement congolais réclame notamment la cessation des violations alléguées, des réparations, des excuses officielles, des poursuites contre les responsables présumés ainsi que des garanties de non-répétition.

Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a présenté cette démarche comme l'aboutissement d'un travail de près de trois ans mené par des juristes congolais chargés de documenter les crimes attribués au Rwanda et à ses alliés armés sur le territoire congolais.

Notez qu'il s'agit de la deuxième tentative de Kinshasa devant la CIJ. En 2002, une procédure similaire avait échoué en raison d'une réserve formulée par le Rwanda sur la Convention contre le génocide.

Le retrait ultérieur de cette réserve a permis à la RDC de relancer aujourd'hui son action devant la principale juridiction des Nations unies.