Le député national Crispin Mbindule Mitono, également président du conseil d’administration du Cadastre Minier, est dans le viseur des autorités provinciales du Nord-Kivu. Le gouverneur militaire de la province, Somo Kakule Evariste, a demandé à l’Agence nationale de renseignements (ANR) de Beni d’ouvrir une enquête contre l’élu pour des faits qualifiés d’atteinte à la sécurité et à la dignité de l’autorité provinciale.

Dans une correspondance datée du 7 mai 2026, adressée au responsable local de l’ANR avec copies au ministère de la Défense et au bureau de l’Assemblée nationale, le gouverneur militaire accuse Crispin Mbindule de diffamation, usurpation des fonctions, incitation à la révolte et à la désobéissance civile, propagation de faux bruits ainsi que d’outrage à un fonctionnaire dépositaire de l’autorité publique.

Selon l’autorité provinciale, ces accusations font suite à une émission diffusée le 4 mai sur les antennes de Radio Canal Wikongo, au cours de laquelle le député aurait tenu des propos jugés attentatoires à l’honneur du gouvernorat et à l’ordre public, notamment autour du dossier de circulation des véhicules transformés et hors normes dans la région. Le gouverneur évoque également de présumées rencontres clandestines entre l’élu et un groupe armé à Butembo.

Mbindule dénonce une intimidation politique

Réagissant à ces accusations, Crispin Mbindule a dénoncé une tentative d’intimidation politique destinée, selon lui, à faire taire les partisans du changement de la Constitution dans l’Est du pays. Le député affirme que son séjour à Butembo visait uniquement à sensibiliser la population à travers plusieurs émissions radiophoniques consacrées au débat constitutionnel.

« Je suis allé à Butembo avec un message du changement de la Constitution. La population a accueilli favorablement ce message », a déclaré l’élu de Butembo, rejetant également toute accusation de soutien à des groupes armés.

Le parlementaire assure que ses contributions en vivres étaient destinées aux FARDC et aux combattants Wazalendo engagés sur les lignes de front. Il accuse par ailleurs le gouverneur militaire d’étouffer le débat démocratique et l’invite à un débat public sur la question constitutionnelle.

Selon Crispin Mbindule, une grande partie de la population de l’Est soutient le changement de la Constitution et continue d’appuyer le président Félix Tshisekedi face aux défis sécuritaires dans la région.