L’auditeur général près la Haute Cour militaire a requis, jeudi, une peine de prison à vie contre le lieutenant-général Philémon Yav Irung, poursuivi pour trahison devant la justice militaire en République démocratique du Congo.

Selon l’accusation, l’ancien commandant de la 3ème Zone de défense est reproché d’avoir transmis, en mars 2022, un message provenant d’un officier rwandais à deux généraux des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), sans en référer préalablement à sa hiérarchie militaire.

Le ministère public considère ces faits comme une atteinte grave à la sûreté de l’État, dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, notamment autour du conflit dans l’est congolais et des accusations de soutien rwandais à la rébellion du M23.

Au cours de l’audience, l’auditorat militaire a estimé que les éléments réunis dans ce dossier justifient une condamnation à la servitude pénale à perpétuité pour trahison.

La défense rejette toutefois catégoriquement les accusations portées contre l’officier général. Réagissant aux réquisitions du ministère public, Me Carl Ngwapitshi a qualifié les poursuites d’« insoutenables en droit ».

« L’accusation contre le lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la 3ème Zone de défense, est insoutenable en droit », a déclaré l’avocat, dénonçant une qualification juridique qu’il juge non fondée.

Ce procès suscite un vif intérêt au sein de l’opinion publique et des milieux sécuritaires, alors que plusieurs officiers supérieurs des FARDC ont récemment été confrontés à des procédures judiciaires liées à la gestion de la guerre dans l’est du pays.

La Haute Cour militaire devrait rendre sa décision après les plaidoiries de la défense et les dernières répliques du ministère public.