Pour la première fois depuis la prise de la ville de Goma par l’AFC/M23 en janvier 2025, l’Union nationale de la presse du Congo, UNPC section du Nord-Kivu, a réuni les journalistes locaux autour d’un café de presse organisé ce jeudi 18 décembre 2025.
Cette rencontre, tenue dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible dans l’Est de la République démocratique du Congo a été à la fois un moment de retrouvailles, de convivialité et de réflexion sur l’exercice du journalisme en période de conflit armé.
Prenant la parole à cette occasion, la présidente de l’UNPC/Nord-Kivu, Rosalie Zawadi, a salué la résilience des professionnels des médias qui continuent d’exercer leur métier malgré les menaces sécuritaires, les pressions politiques et les difficultés socioéconomiques.
Elle a profité de cette rencontre pour rappeler les principes fondamentaux du code d’éthique et de déontologie du journaliste congolais, connu sous le nom de Livre jaune.

Rosalie Zawadi a insisté particulièrement sur l’article 4 de ce document consacré à la responsabilité du journaliste, qu’elle a déclinée en trois dimensions essentielles, éthique, sécuritaire et sociale : « L’information est un couteau à double tranchant lorsqu’on travaille dans un contexte de conflit. Le journaliste doit faire preuve de discernement dans le traitement de chaque information », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que la responsabilité éthique impose de dire la vérité sans nuire, tandis que la responsabilité sécuritaire exige la protection des sources, des populations civiles et des journalistes eux-mêmes.
Quant à la responsabilité sociale, elle rappelle que le journaliste ne doit en aucun cas servir de relais à la propagande des parties en conflit, mais conserver une posture de neutralité et d’indépendance.
La présidente de l’UNPC Nord-Kivu a enfin exhorté les professionnels des médias à faire de leurs microphones et de leurs plumes « des outils de cohésion sociale, et non des instruments susceptibles d’exacerber les tensions » : « Le journalisme doit contribuer au rapprochement des communautés, à la promotion de la paix et au vivre-ensemble », a-t-elle conclu.
Dans une région marquée par des décennies de violences armées, cette rencontre apparaît comme un signal fort en faveur d’un journalisme responsable, conscient de son rôle crucial dans la prévention des conflits et la protection des populations civiles.