Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a accusé le dimanche dernier l’AFC/M23 d'avoir pillé des matériaux de construction destinés à des projets d'infrastructures clés dans le territoire de Kabare.
Dans un communiqué publié le 15 février dernier, le Professeur Jean-Jacques Purusi Sadiki a dénoncé ce qu’il qualifie de vol de stocks de goudron entreposés à Mudaka, dans un enclos appartenant à des partenaires chinois.
Ces matériaux, explique-t-il, étaient destinés à la réhabilitation de la route Chivanga–Bunyakiri ainsi qu’au tronçon Amsar–UCB Kalambo, des axes essentiels pour le désenclavement de la région : « Ce nouvel acte de spoliation démontre une stratégie délibérée de sabotage des projets de réhabilitation des routes de la province », a-t-il déclaré précisant qu'un incident similaire avait également été rapporté à Uvira.
Outre le pillage matériel, les autorités provinciales ont fait état d'allégations graves de violations des droits de l'homme.
Le gouverneur Purusi a également souligné que ces projets routiers faisaient partie des priorités du président Félix Tshisekedi pour stabiliser la province : « La rébellion, par ces actes répétés, bloque le développement de la province et expose les citoyens à l’insécurité et à la misère », a-t-il poursuivi.
Selon ce communiqué, l'enclos des partenaires chinois aurait été transformé par les assaillants en un lieu de détention où des civils subiraient des actes de torture.
Notez que l'Est de la RDC est en proie à une instabilité chronique, marquée par la résurgence du M23 que Kinshasa et plusieurs experts de l'ONU affirment être soutenu par le Rwanda voisin — une accusation que Kigali a toujours rejetée.
Les activités de l'AFC/M23 se sont intensifiées ces derniers mois, aggravant une crise humanitaire déjà critique dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où des millions de personnes ont été déplacées par les combats.