Le président de l’Église de réveil du Congo, Ejiba Yamapia a appelé ce mercredi 13 mai 2026 à Kinshasa à un changement complet de la Constitution du 18 février 2006.
Lors d’une conférence de presse organisée en présence de représentants de la société civile, le responsable religieux a estimé que « le moment est favorable » pour ouvrir un débat national sur l’avenir institutionnel du pays.
Selon lui, cette réflexion ne devrait pas être réservée aux seuls acteurs politiques ou experts techniques, mais impliquer l’ensemble des Congolais. Le prélat a défendu l’idée d’une refonte profonde de la loi fondamentale actuelle, qu’il a qualifiée de « Constitution de belligérance », affirmant qu’elle serait désormais inadaptée aux défis actuels de gouvernance, de développement et de souveraineté.
Pour appuyer sa position, l’archevêque a évoqué les résultats d’un sondage mené par le forum des intellectuels de l’Église de réveil du Congo dans plusieurs villes du pays.
D’après les chiffres avancés, 80 % des personnes interrogées se seraient prononcées en faveur d’un changement de Constitution, contre 20 % favorables à une simple révision. Aucune précision n’a toutefois été donnée sur la méthodologie de cette enquête.
#RDC: Président de l'Église de réveil du Congo, l'archevêque Ejiba Yamapia s'est imposé comme la principale voix religieuse du camp favorable au changement de la Constitution, tranchant avec la prudence des autres confessions. pic.twitter.com/nf3U1Ulmvp
— Stanis Bujakera Tshiamala (@StanysBujakera) May 13, 2026
Un appel à une réforme institutionnelle profonde
Dans son intervention, Ejiba Yamapia a soutenu que la Constitution issue des accords de Sun City avait été conçue dans un contexte de sortie de guerre pour répondre aux intérêts des anciennes factions engagées dans la transition politique. Selon lui, ce texte aurait aujourd’hui atteint ses limites historiques et devrait céder la place à une nouvelle loi fondamentale orientée vers la stabilité et le développement.
Sur le plan institutionnel, il s’est prononcé en faveur d’un régime plus présidentiel afin de mettre fin à ce qu’il a qualifié de « chantage parlementaire ». D’après lui, les motions de censure répétées et les tensions politiques fragilisent l’exécutif et ralentissent la mise en œuvre des politiques publiques. Il a également plaidé pour une réforme du mode de désignation des gouverneurs de province afin de réduire les conflits entre exécutifs provinciaux et assemblées provinciales.
Le responsable religieux a aussi formulé plusieurs propositions économiques et sociales. Il souhaite notamment que la future Constitution impose la transformation locale des matières premières avant leur exportation, dans le but de favoriser l’industrialisation du pays et la création de valeur ajoutée au niveau national.
Il a par ailleurs recommandé de constitutionnaliser les budgets consacrés à la gratuité de l’enseignement ainsi qu’aux soins de santé de base, afin de garantir la continuité de ces politiques publiques.
Abordant les questions de souveraineté, l’archevêque Ejiba Yamapia a défendu l’idée de réserver strictement la présidence de la République, la primature et les ministères régaliens aux seuls Congolais nés de père et de mère congolais. Selon lui, cette mesure permettrait de protéger les fonctions stratégiques de l’État contre toute infiltration étrangère.
À l’issue de cette rencontre, le président de l’Église de réveil du Congo a annoncé la création prochaine d’une Coalition citoyenne pour la nation, une structure chargée de sensibiliser la population à la nécessité d’une nouvelle Constitution et d’encourager l’appropriation populaire du débat constitutionnel.