Réaffirmant son statut « d'autorité de fait » dans les zones sous son contrôle, l'AFC/M23 a fait savoir qu'il interviendra dans la neutralisation des groupes armés nationaux et étrangers au même titre que le gouvernement congolais et ce, conformément aux protocoles de l’accord-cadre de paix signé il y a quelques jours entre les deux parties, et devant être discutés dans les prochains jours

C’est ce qu’a signifié Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanente de ce mouvement rebelle lors d'une séance de vulgarisation de cet accord-cadre ce jeudi 20 novembre 2025 à Goma.

Il a également indiqué que contrairement aux affirmations de Kinshasa, qui avançait que le processus de Doha précède la mort de l’AFC/M23, ce dernier reste attaché aux pourparlers qui se tiennent dans le cadre de cette médiation censée traiter les causes profondes du conflit, tout en associant toutes les couches de la population.

Benjamin Mbonimpa a par ailleurs fait constater qu’aucun changement ne s’observe sur terrain où les affrontements se poursuivent, assurant ainsi que l'AFC/M23 « se défendra et ne se retirera pas des territoires qu'il contrôle ou qu’il va conquérir » : « Partout où ils nous attaquent, si nous arrivons à les repousser, nous restons là pour protéger la population. Lorsqu’ils nous repoussent, nous reculons et ils restent là pour assiéger ou occuper l’espace. C’est le rapport des forces sur terrain qui définira qui aura l’impérium de gérer une entité, et protéger la population », a-t-il déclaré.

Enfin, il a précisé que les discussions sur les protocoles contenus dans l'accord-cadre de Paix de Doha n'ont pas encore débuté, soulignant que ces derniers reprennent toutes les matières relatives à la problématique de la guerre et qui doivent être débattues avant la signature d’un accord de paix global.

Pour rappel, cet accord-cadre a suscité de vives critiques au sein de l’opinion publique congolaise juste après sa signature pourtant qualifiée « d’importante étape franchie dans le cadre du processus de Paix Doha » et ce ; du fait de sa présentation divergente par les deux parties.

L’AFC/M23 a en effet expliqué que ce dernier, qui ne comporte aucune clause contraignante, « n’aura aucun effet immédiat sur le terrain », alors que le gouvernement congolais a affirmé qu’aucun statu quo n’est compatible avec l’objectif de cet accord-cadre.