Des détonations d’armes ont été entendues vendredi 2 octobre dans l’après-midi à Masambo, une localité du groupement Basongora, dans le secteur de Ruwenzori, territoire de Beni, au Nord-Kivu. Les circonstances de cet incident font toutefois l’objet de versions divergentes.
Selon des sources sécuritaires contactées par téléphone, des miliciens présentés comme appartenant au groupe FAR auraient attaqué, vers 15 heures, une position du premier bataillon des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) déployée dans cette localité.
Une source militaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat, avait confirmé l’attaque et affirmé que l’armée avait conservé le contrôle de sa position.
« Il s’agit des combattants du groupe FAR qui ont attaqué vers 15 heures nos troupes. Nous les avons repoussés », avait déclaré un officier militaire, sans communiquer de bilan.
Mais le chef de la localité de Masambo, Kasereka Benga Falcon, donne une autre version des faits.
Selon lui, des éléments des FARDC et de l’armée ougandaise (UPDF) se seraient rendus à Masambo pour échanger avec le responsable des jeunes résistants Wazalendo. Celui-ci étant absent, les militaires auraient repris leur chemin.
C’est au moment de leur retour que la situation aurait dégénéré. Des hommes présentés comme des disciples du chef des résistants auraient érigé une barricade sur leur itinéraire, empêchant leur passage.
Toujours selon l’autorité locale, les éléments FARDC-UPDF auraient alors fait usage de leurs armes afin de dégager la voie et poursuivre leur trajet. Les détonations auraient provoqué l’inquiétude au sein de la population.
Le chef de la localité appelle les habitants au calme et les invite à éviter tout comportement susceptible de raviver les tensions entre les forces régulières et les combattants locaux se réclamant des Wazalendo.
Aucune perte en vies humaines, civile ou militaire, n’a été rapportée par cette autorité locale.
La FAR-W dément toute attaque
Samedi 3 octobre, la Force d’Action Rapide-Wazalendo (FAR-W) a à son tour réagi à ces informations. Dans un communiqué, elle dément catégoriquement avoir attaqué une position des FARDC à Masambo.
La FAR-W précise d’abord que son appellation officielle est « Force d’Action Rapide-Wazalendo » et non simplement « FAR ». Elle affirme également ne disposer d’aucune position dans cette localité.
Le mouvement soutient que ses zones de déploiement ont été déterminées en coordination avec le commandement du secteur opérationnel Sokola 1, Front Grand Nord.
La FAR-W affirme par ailleurs que les FARDC constituent des « forces amies » et dit rester engagée aux côtés de l’armée congolaise dans la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.
À ce stade, les versions divergent donc sur le déroulement exact de l’incident survenu à Masambo. Les sources militaires évoquent une attaque contre une position des FARDC, tandis que l’autorité locale parle d’un incident survenu après l’érection d’une barricade sur le passage des militaires. De son côté, la FAR-W nie toute implication dans une attaque contre l’armée.