L’épidémie continue de faire de lourdes victimes en République démocratique du Congo. Selon les dernières données de l’Institut national de santé publique (INSP), 6 250 cas confirmés ont été enregistrés dans six provinces du pays, pour un total de 3 039 décès. Le taux de létalité s’établit ainsi à 48,6 %, tandis que 1 439 patients ont été déclarés guéris. Par ailleurs, 869 personnes restent actuellement en isolement ou hospitalisées.
L’Ituri, principal foyer de l’épidémie
L’Ituri reste à ce jour l’épicentre de l’épidémie, avec 28 zones de santé touchées sur les 36 que compte la province. Elle est suivie par le Nord-Kivu, où 15 zones de santé sur 34 sont affectées, et la Tshopo, qui compte sept zones touchées sur 23.
Dans le Sud-Kivu, la situation apparaît en revanche plus encourageante. Une seule zone de santé demeure concernée et la province totalise désormais 92 jours sans nouveau cas confirmé.
Au niveau national, le suivi des contacts atteint 89 %, dépassant le seuil de 85 % recommandé par les autorités sanitaires. L’INSP souligne également comme un signal positif l’absence, au cours des dernières 24 heures, de nouvelle zone de santé affectée.
Malgré ces avancées, les autorités sanitaires maintiennent une surveillance renforcée dans les zones considérées comme prioritaires. La persistance d’un nombre élevé de décès et de patients hospitalisés ou placés en isolement témoigne en effet de la gravité de l’épidémie et de la nécessité de poursuivre les efforts de dépistage, de prise en charge et de suivi des contacts.
L’Africa CDC toujours préoccupé par la persistance de l’épidémie
Dans le même temps, Africa CDC alerte sur une épidémie « extrêmement grave » et toujours en expansion.
Dans une récente publication, son Directeur Général Jean Kaseya, a dressé un constat préoccupant de l'évolution de l'épidémie d'Ebola Bundibugyo en RDC déclarée le 15 mai dans une seule province et deux zones de santé, mais qui touche désormais 6 provinces et 60 zones de santé, sur une superficie d'environ 240.000 km², comparable à celle du Royaume-Uni et près de cinq fois celle de la Suisse.
Et malgré les efforts déployés par le gouvernement congolais et ses partenaires, Jean Kaseya reconnaît que la riposte n'a pas encore atteint le niveau requis, réaffirmant que cette épidémie demeure la priorité absolue de l'agence, qui travaille en étroite collaboration avec l'OMS pour renforcer l'ensemble des volets de la réponse jusqu'à la maîtrise complète de la propagation.