Le président américain Donald Trump veut accélérer la relance du secteur minier des États-Unis. À l’occasion d’une table ronde réunissant, le 7 août, plusieurs acteurs de l’industrie minière, le chef de la Maison-Blanche a annoncé la mobilisation de plus de 2 milliards de dollars destinés à financer des projets considérés comme stratégiques pour renforcer les capacités minières et industrielles du pays.

À cette enveloppe s’ajoutent plus de 180 millions de dollars consacrés à la formation de la main-d’œuvre spécialisée, dans un contexte où Washington cherche à développer les compétences nécessaires à la production et à la transformation des minerais critiques.

Parmi les principaux investissements annoncés figure une enveloppe de 1,4 milliard de dollars du département de la Guerre en faveur de Sila Nanotechnologies, une entreprise californienne spécialisée dans les matériaux destinés aux batteries lithium-ion. Le dispositif prévoit également 400 millions de dollars pour Sunrise Energy Metals, afin de soutenir la mise en place d’une chaîne de valeur consacrée au scandium, ainsi que 150 millions de dollars pour Niron Magnetics, qui développe des aimants ne reposant pas sur les terres rares.

Washington veut réduire sa dépendance aux fournisseurs étrangers

La stratégie de l’administration Trump dépasse toutefois les frontières américaines. La Société de financement du développement des États-Unis (DFC) doit notamment accorder 4,8 millions de dollars à un projet consacré aux terres rares à Madagascar. Cette initiative illustre la volonté de Washington de sécuriser ses approvisionnements en minerais stratégiques en diversifiant les sources d’approvisionnement.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, son administration affirme avoir signé ou approuvé quelque 160 accords miniers représentant près de 40 milliards de dollars d’investissements. L’objectif affiché est de renforcer la production nationale et de limiter la dépendance américaine à l’égard de fournisseurs considérés comme des « pays étrangers hostiles ».

Cette politique s’appuie sur plusieurs décrets présidentiels adoptés depuis mars 2025 et sur le recours au Defense Production Act, une législation permettant au gouvernement américain de soutenir directement des secteurs jugés essentiels à la sécurité nationale. Des restrictions à l’exportation concernant certains minerais critiques ont ainsi été activées en juillet dernier.

Pour Washington, l’enjeu est à la fois économique, industriel et stratégique. Les minerais critiques, notamment ceux nécessaires à la fabrication des batteries, des aimants, des équipements électroniques et des technologies de défense, occupent désormais une place centrale dans la compétition industrielle mondiale.

En accélérant les investissements dans l’extraction, la transformation et les chaînes de valeur associées, l’administration Trump entend ainsi consolider une filière minière américaine capable de répondre aux besoins de l’industrie et de la défense, tout en réduisant l’exposition du pays aux ruptures d’approvisionnement et aux tensions géopolitiques.