Les étudiants de Goma et Bukavu concernés par la suspension des activités académiques dans les zones sous contrôle par l’AFC/M23 demandent la levée pure et simple de cette mesure prise unilatéralement par le gouvernement congolais.

Dans un mémorandum adressé au gouvernement central ainsi qu'aux partenaires éducatifs nationaux et internationaux et déposé le mercredi 16 septembre 2027 à la MONUSCO à Goma, ceux-ci ont signifié que leur démarche « est motivée exclusivement par la défense du droit à l’éducation, la continuité de la formation universitaire et l’avenir académique et professionnel des étudiants » : « Nous estimons que les étudiants, qui ne sont ni responsables de différends politiques ou militaires, ni parties aux confrontations entre les différents acteurs, ne devraient pas être privés de leur formation en raison des circonstances qui échappent à leur responsabilité », indiquent-ils dans leur mémo.

Réitérant que le droit à l'éducation est inaliénable à tous et particulièrement aux jeunes, ils ont fait remarquer que la suspension des activités académiques à Goma et à Bukavu « risque de pousser de nombreux jeunes désœuvrés dans des groupes armés », et aggraver ainsi la crise sécuritaire que l’Etat cherche à combattre.

« Nous ne demandons ni privilège, ni traitement particulier ; nous demandons simplement le droit d’étudier. Nous voulons pouvoir retourner dans nos auditoires, reprendre nos cours, présenter nos examens, effectuer nos stages, poursuivre nos recherches et achever notre formation », ont-ils poursuivi martelant que leur démarche est strictement estudiantine, pacifique, apolitique et orientée vers la recherche des solutions pour le bien et l’avenir de la jeunesse congolaise.

« L’interruption de l’éducation est une sentence dramatique pour l’avenir de la paix en RDC. On ne construit pas la paix en fermant les universités, mais plutôt en les protégeant comme des sanctuaires du savoir et de la citoyenneté », ont-ils conclu réitérant la demande de la levée de la suspension des activités académiques et la reprise effective des enseignements à Goma et à Bukavu dans les meilleurs délais afin de préserver le droit à l’éducation, et de garantir le parcours universitaire de tous les étudiants de Goma et Bukavu.

Il faut dire que de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer la suspension de toutes les activités académiques et para académiques au sein d’une dizaine d’établissements publics d'Enseignement Supérieur et Universitaire des Villes de Goma et Bukavu, avançant que cette décision est simplement « un complot visant la balkanisation de la RDC. »

Réagissant, le gouvernement congolais a tenté de justifier cette mesure du fait de « l’ingérence de l’AFC/M23 dans le fonctionnement de certaines institutions publiques d’Enseignement supérieur et universitaire », soutenant que cette décision, tout comme seule de la suspension de paiement des rémunérations des responsables académiques et enseignants récemment nommés par le mouvement rebelle au sein de ces institutions publiques d’enseignement supérieur ; « visent à protéger les étudiants, à préserver la régularité de leurs parcours et la valeur de leurs diplômes, tout en permettant d’organiser, avant le démarrage de l’année académique 2026-2027, leur orientation et la continuité de leurs études dans des établissements répondant aux exigences légales de la République. »