Annoncées le lundi 2 mars dernier, les sanctions des États-Unis contre l’armée rwandaise et 4 de ses officiers supérieurs pour leur soutien opérationnel direct au M23, actif à l’Est de la RDC, suscitent de plus en plus de réactions.

La dernière en date est celle de Denis Mukuwege qui nuance quant à leur efficacité 

Si Kinshasa avance que ces sanctions « constituent un signal clair en faveur du respect de la souveraineté de l’intégrité territoriale de la RDC, de la justice ainsi que de la mise en œuvre effective des engagements souscrits dans le cadre des Accords de Washington »; l’ancien candidat à la présidentielle de 2023, tout en saluant ces sanctions qu’il juge nécessaire soulignant et devant contribuer à une modification du rapport de force sur le terrain ; explique toutefois qu’elles sont insuffisantes :  « Nous appelons l’ensemble des partenaires internationaux à reconsidérer ses relations avec le Rwanda et à adopter des sanctions coordonnées pour isoler politiquement, diplomatiquement et économiquement le régime agresseur de Kigali en vue d’assurer l’effectivité des prescrits de la résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui exige un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le retrait immédiat de l’armée rwandaise de RDC et la fin du soutien au M23 ainsi que le démantèlement des administrations parallèles illégales mise en place par les forces d’occupation », a-t-il signifié dans une déclaration publiée ce mardi 3 mars 2026.

Rappelant que les Etats-Unis demeurent le principal bailleur des missions onusiennes, le Prix Nobel de la Paix estime que les sanctions du département de Trésor américain contre l’armée rwandaise « devraient entrainer le retrait du Rwanda comme pays contributeur de troupes du Département des opérations de paix des Nations Unies » : « Il est inacceptable pour les Nations Unies d’employer une armée qui se distingue depuis 30 ans dans la déstabilisation de la région des Grands Lacs africains et dans la commission de violations graves du droit international humanitaire et des droits humains largement documentées par les Nations Unies, notamment dans le Rapport Mapping, les rapports successifs du Groupe d’experts de l’ONU sur la situation en RDC et divers rapports des organisations de la société civile », poursuit-il exhortant par ailleurs l’ Union Européenne et d’autres États européens, comme la France ou la Pologne, « à suspendre sans plus tarder leur coopération sécuritaire et militaire et à geler l’aide budgétaire directe au Rwanda. »

« La communauté des États ne peut continuer à laisser le régime criminel de Kigali défier le droit international sans réaction sérieuse et doit mobiliser une volonté politique forte en utilisant tous les leviers disponibles, y compris en visant les plus hauts responsables, pour favoriser une sortie de crise durable et mettre fin à la catastrophe sécuritaire et humanitaire que traverse la population congolaise depuis des décennies », conclut-il affirmant être convaincu que le respect du droit international doit prévaloir pour restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs africains.