Malgré les réticences des États-Unis et des Européens, l'Assemblée générale de l'ONU a proclamé mercredi la traite des esclaves africains comme crime « le plus grave contre l'humanité » ; un combat porté par le Ghana qui espère des excuses et la justice.
Le président ghanéen John Mahama, tête de file de l'Union africaine sur la question des réparations liées à la traite transatlantique, fait le déplacement à New York pour promouvoir ce texte non contraignant, mais qu'il juge malgré tout « historique » : « Aujourd'hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice », a-t-il déclaré en marge de la commémoration du calvaire de 13 millions d’hommes, femmes et d’enfants dont les vies ont été volées en l’espace de 400 ans.
La résolution adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l'Union européenne), déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l'humanité », condamnant cette « injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité ».
PHOTOS: President John Dramani Mahama engaging United Nations member states ahead of the adoption of a landmark resolution recognizing the transatlantic slave trade as the gravest crime against humanity.
— Ghana Presidency (@GhanaPresidency) March 26, 2026
Addressing the General Assembly on behalf of the African Group, President… pic.twitter.com/WBEyLETUbU
C’est d’ailleurs le principal point d’achoppement : certains ont argué qu’il ne pouvait y avoir de hiérarchie entre les crimes contre l’humanité et n’ont donc pu voter pour.
Notez toutefois que malgré l’adoption de cette résolution, le débat est loin d’être clos.
Pour certains, ce vote reste avant tout symbolique et ne garantit pas des réparations concrètes.
Aussi, cette résolution appelle aussi les États « à s’engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé. »
Washington a affirmé que des pays modernes ne pouvaient être les bénéficiaires de réparations pour des victimes du passé.
Un peu plus tôt, le patron de l’ONU Antonio Guterres avait enjoint les diplomates à honorer les victimes de la traite transatlantique non seulement par leurs « paroles » mais aussi par leurs « actes ».
De son côté, Accra veut des mesures concrètes : des fonds pour l’éducation, des programmes de formation, du soutien aux jeunes et aux entrepreneurs, pour corriger des inégalités héritées de l’esclavage.
Rappelant que plus de 12 millions d’Africains ont été déportés, les autorités ghanéennes avancent que la réparation ne se limite pas à l’argent.