En visite à Goma, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), James Swan, a rendu hommage cette semaine au contingent uruguayen de la mission, saluant son engagement dans un contexte sécuritaire particulièrement complexe dans l’est du pays.

À cette occasion, le sergent uruguayen Matias Reyes a été distingué par la prestigieuse Médaille Mbaye Diagne 2026, une récompense décernée par les Nations unies aux personnels ayant fait preuve d’un courage exceptionnel dans la protection des vies humaines.

Le militaire a été honoré pour avoir secouru douze soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) lors des affrontements qui ont précédé la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23 en janvier 2025.

Selon la MONUSCO, l’intervention du sergent Reyes s’est déroulée dans des circonstances particulièrement périlleuses, alors que les combats faisaient rage dans et autour du chef-lieu du Nord-Kivu. 

Son action aurait permis de sauver la vie de plusieurs militaires congolais pris au piège dans les hostilités.

Cette reconnaissance intervient toutefois dans un contexte marqué par des controverses persistantes autour du rôle de la mission onusienne durant la chute de Goma.

À l’époque, de nombreux soldats congolais avaient affirmé avoir été abandonnés à leur sort après l’effondrement des lignes de défense gouvernementales.

Certains avaient notamment déclaré avoir été refoulés de plusieurs bases de la MONUSCO, alors que d’autres militaires avaient réussi à y trouver refuge avant, pour certains, d’être ultérieurement enrôlés de force dans les rangs du M23.

Malgré ces critiques, la MONUSCO maintient sa présence à Goma, devenue le QG du mouvement rebelle qui contrôle aujourd’hui une large partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Les Casques bleus y sont présents dans le cadre de leur mandat de protection des civils et du soutien à la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo, une région toujours confrontée à l’insécurité, aux déplacements massifs de populations et à la présence de multiples groupes armés et ce ; conformément au mandat qui leur a été confié par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Il faut dire que la distinction accordée au sergent Matias Reyes constitue ainsi un symbole de reconnaissance du courage individuel au sein des opérations de maintien de la paix, dans un contexte où le rôle et l’efficacité de la MONUSCO continuent de susciter débats et interrogations au sein de l’opinion congolaise.