Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a officiellement présenté sa démission avec effet immédiat ce jeudi 21 mai 2026. 

L’annonce a été faite à travers une correspondance adressée au président de la République, Félix Tshisekedi.

Dans sa lettre, Jacques Kyabula explique sa décision par sa présence prolongée à Kinshasa pour des raisons professionnelles et institutionnelles, une situation qui l’aurait éloigné durablement de sa province dans un contexte sécuritaire et politique jugé sensible.

L’ancien gouverneur reconnaît que cette absence prolongée a suscité de nombreuses interrogations ainsi que des critiques sur sa gestion du Haut-Katanga. Il affirme avoir choisi de tirer « les conséquences politiques et administratives » de cette situation, au nom d’un « esprit de responsabilité républicaine ».

Une démission dans un climat politique tendu

Cette démission intervient dans un contexte marqué par des polémiques autour de récentes déclarations de Jacques Kyabula lors d’un meeting populaire. Le désormais ex-gouverneur avait qualifié l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa de « Congolais », estimant que les différends les concernant devraient être réglés « en famille ». Il avait également désigné le Rwanda comme principal adversaire dans le conflit armé qui secoue l’Est de la RDC.

Ces propos avaient provoqué de vives réactions dans la classe politique congolaise et alimenté des spéculations sur sa position vis-à-vis du pouvoir central.

Interrogé à ce sujet, le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani avait déclaré espérer que Jacques Kyabula n’avait pas rejoint un mouvement rebelle. Une hypothèse qui semble écartée avec la présence signalée de l’ancien gouverneur à Lubumbashi, même si les autorités attendent encore des clarifications avant toute éventuelle reprise de fonctions publiques.

Fidélité réaffirmée à Félix Tshisekedi

Malgré sa démission, Jacques Kyabula, membre du présidium de l’Union sacrée de la Nation, a tenu à réaffirmer sa loyauté envers le président Félix Tshisekedi.

Dans sa lettre, il se dit « profondément attaché à la vision de stabilité, de paix et de développement » portée par le chef de l’État. Il affirme également rester disponible pour servir la République sous toute autre forme qui serait jugée utile.

La démission de Jacques Kyabula ouvre désormais une nouvelle séquence politique dans la province du Haut-Katanga, considérée comme l’un des bastions stratégiques du pouvoir en RDC.