À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août, les Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme sur la détérioration des conditions d’intervention des acteurs humanitaires en République démocratique du Congo. Dans un contexte marqué par la persistance des violences armées dans l’est du pays, l’épidémie d’Ebola et un important déficit de financement, l’organisation appelle à une mobilisation internationale accrue en faveur des populations vulnérables.

Damien Mama, Coordonnateur humanitaire par intérim des Nations unies en RDC, a particulièrement insisté sur la montée des menaces auxquelles sont confrontés les travailleurs humanitaires. L’utilisation croissante des drones dans les zones affectées par les conflits constitue, selon lui, un facteur supplémentaire de risque pour les civils comme pour les personnels engagés dans les opérations d’assistance.

Les chiffres témoignent de l’ampleur de la situation. Entre janvier et juin 2026, pas moins de 243 incidents ont affecté le personnel humanitaire à travers le pays. Ces violences ont coûté la vie à six travailleurs humanitaires, illustrant les dangers auxquels sont exposés quotidiennement ceux qui tentent d’apporter une assistance aux populations touchées par les conflits, les déplacements et les crises sanitaires.

Une réponse humanitaire sous forte pression

À la crise sécuritaire s’ajoute une situation sanitaire particulièrement préoccupante. La RDC fait face à une épidémie d’Ebola présentée comme la plus importante jamais enregistrée dans le pays. Cette nouvelle urgence sanitaire accroît davantage les besoins d’assistance et met sous pression les capacités d’intervention déjà fragilisées par l’insécurité et le manque de ressources.

Parallèlement, le financement de la réponse humanitaire demeure largement insuffisant. Le Plan de réponse humanitaire 2026, désormais évalué à 2,13 milliards de dollars, doit permettre de venir en aide à quelque 18,5 millions de personnes en situation de besoin. Pourtant, seuls 47 % des fonds nécessaires ont été mobilisés à ce stade.

Pour les Nations unies, cet écart financier risque de compromettre la capacité des organisations humanitaires à répondre efficacement aux besoins urgents des populations. Dans plusieurs zones du pays, les acteurs humanitaires doivent ainsi composer avec des besoins croissants alors que les moyens disponibles restent limités.

Face à cette situation, Damien Mama a lancé un appel à une mobilisation internationale renforcée afin de garantir la continuité de l’aide aux populations affectées. Il a également insisté sur la nécessité de respecter strictement le droit international humanitaire, notamment la protection des civils et des travailleurs humanitaires.

L’appel des Nations unies intervient alors que les besoins humanitaires continuent de s’accroître en RDC. Pour l’organisation, les travailleurs humanitaires ne doivent pas devenir des cibles dans les zones de conflit. La cessation des attaques contre les personnels et les infrastructures humanitaires apparaît ainsi comme une condition essentielle pour permettre l’acheminement de l’aide aux millions de Congolais qui en dépendent.

À travers cette alerte, l’ONU rappelle que la réponse à la crise congolaise ne peut reposer uniquement sur les acteurs présents sur le terrain. Elle nécessite également un engagement financier durable de la communauté internationale et un respect effectif des règles du droit international humanitaire, afin de préserver l’espace humanitaire et de garantir l’accès aux populations les plus vulnérables.