Dans l’Est de la République démocratique du Congo, de nouvelles violences attribuées aux terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) ont été signalées entre la fin de la semaine et le début du week-end dans des zones proches d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, ainsi qu’à Mamove, dans le secteur de Beni-Mbau, au Nord-Kivu.

Une première attaque a été rapportée dans la soirée du vendredi 30 janvier au village de Mutuei-Mapendo, situé dans le groupement Bandavilemba, chefferie des Walese-Vonkutu, en territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d’Oïcha.

Selon des sources concordantes locales, des hommes armés ont fait irruption au centre du village aux environs de 16 heures, ligotant plusieurs civils avant d’emporter des biens et d’incendier des maisons de commerce déjà opérationnelles dans la localité.

Des habitants de la zone affirment que les assaillants auraient profité d’un dispositif sécuritaire jugé faible au moment de l’attaque.

Des sources sécuritaires indiquent toutefois que des renforts ont été déployés dans le secteur dès le lendemain.

Dans l’après-midi du samedi, le corps sans vie d’un civil a été transféré à la morgue de l’hôpital général de référence d’Oïcha.

La victime, originaire du quartier Mbimbi, dans la commune d’Oïcha, se trouvait à Mutuei-Mapendo pour des travaux champêtres au moment de l’incursion.

À ce stade, aucun bilan définitif n’a encore été établi pour cette attaque.

Par ailleurs, une autre attaque attribuée aux ADF a été signalée le dimanche dernier à Mamove dans le secteur de Beni-Mbau territoire de Beni.

Selon la société civile locale, au moins deux personnes ont été tuées et plusieurs autres portées disparues.

Le président de la société civile de Mamove, Kinos Kathuo, fait état d’importants dégâts matériels, avec 77 maisons incendiées, dont 10 habitations et 67 maisons de commerce, ainsi que 17 motos réduites en cendres.

D’après des acteurs locaux, cette attaque se serait déroulée « sans rumeur », un mode opératoire qui complique l’anticipation et la réaction rapide des populations et des forces de sécurité.

Ces violences ont provoqué un déplacement massif de civils vers Oïcha, où les autorités locales signalent un afflux important de familles fuyant la zone de Mamove, notamment la localité de Bakila Bakaiku.

Le bourgmestre adjoint de la commune d’Oïcha, Jean Dedieu Kibwana, confirme l’arrivée de nombreux déplacés et appelle la population à la vigilance face à la dégradation de la situation sécuritaire.

Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan officiel consolidé, tandis que les populations locales et les acteurs humanitaires plaident pour un renforcement durable de la sécurité afin de prévenir de nouvelles attaques dans cette région marquée par des années d’instabilité.