Le Président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, Robert Seninga, dans son discours d’ouverture, a noté que la province du Nord-Kivu est encore fragilisée par une insécurité préoccupante et persistante : « Le Nord-Kivu a été frappé sur le plan sécuritaire par plusieurs évènements qui ont semé mort et désolation parmi nos compatriotes », a indiqué Robert Seninga qui a avoué que la population du Nord-Kivu « continue d’être victime de toutes sortes de violation des droits humains orchestrées par les groupes armés encore actifs dans plusieurs territoires et les bandits de tout bord dans de nombreuses villes » : « Cet activisme se caractérise non seulement par des attaques répétées contre les positions des FARDC, les populations civiles qui sont soit massacrées, soit kidnappées mais aussi par des affrontements entre groupes armés eux-mêmes avec comme conséquences des dégâts collatéraux importants : morts d’hommes, pillages, incendies de maisons et surtout les déplacements massifs des populations vers les milieux supposés sécurisés où elles vivent dans la plus grande précarité souvent sans assistance humanitaire », explique-t-il.

Celui qui s’est longuement attardé sur ce sujet, a rappelé l’assassinat de deux élèves finalistes du primaire lors de récentes épreuves du TENAFEP à Masisi, l’assassinat d’une dizaine de personnes par les policiers détachés à une société minière, ou encore la montée de la criminalité observée ces derniers jours dans le territoire de Nyiragongo, et en ville de Goma, dans le quartier Ndosho particulièrement où l’on dénombre plusieurs cas de tueries et de kidnappings.

Kinshasa coupable d’ingérence et des retards dans le transfert des rétrocessions

Fustigeant ce qu’il qualifie d’ingérence du gouvernement central dans le dossier du pouvoir coutumier à la tête de la chefferie de Bukumu en territoire de Nyiragongo, Robert Seninga a rappelé que l’Assemblée provinciale avait, par sa recommandation, demandé au Gouverneur de Province d’installer officiellement le vrai Chef de la chefferie régulièrement désigné par la coutume, mais Kinshasa a demandé que la Commission Consultative provinciale de Règlement des Conflits Coutumiers réexamine le dossier, et a même interdit de publier officiellement les résultats du sondage en violation de la loi organique et du Règlement intérieur.

Robert Seninga a indiqué que les retards réalisés par le Gouvernement central dans le transfert des rétrocessions créent un malaise grave dans le fonctionnement normal de l’organe délibérant en province, et a invité le Gouvernement à veiller au respect de ses obligations financières envers non seulement les Assemblées provinciales mais aussi les Gouvernements provinciaux, a également précisé qu'« Il revient au Gouvernement central de restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national pour mettre fin à la perception des taxes, redevances et impôts illégaux par les groupes armés ».

Une session essentiellement budgétaire

Rappelant que cette session de septembre est essentiellement budgétaire, il a invité le Gouvernement provincial à déposer son projet d’édit budgétaire au Bureau de l’Assemblée provinciale dans le délai fixé par la loi des finances, avant d’ajouter que « son examen devra être guidé par le souci majeur de rencontrer les attentes de nos compatriotes et de mettre à la disposition du Gouvernement provincial un outil de gestion de sa politique aussi réaliste que pragmatique, sur tout que l’exercice budgétaire 2020 a été perturbé par les conséquences liées aux mesures gouvernementales de l’état d’urgence sanitaire imposé par le Coronavirus. »

Sur le plan sanitaire, le Président de l’assemblée provinciale, qui a salué l’implication des députés provinciaux dans la sensibilisation de la population contre la COVID-19, mais également les efforts de différents partenaires internationaux dans la lutte ce cette pandémie, a également rappelé les conséquences négatives de celle-ci sur l’économie mondiale et celle de la province.

Celui-ci a tenu à rappeler que l’exercice du contrôle parlementaire sur la gestion des affaires publiques avec responsabilité et dénouement ne doit pas être un acharnement politique sur le Gouvernement ou les responsables des services publics provinciaux, ni une opération de police, mais un exercice normal en toute démocratie pour permettre à ces derniers de rendre compte devant les élus provinciaux, de la gestion des affaires publiques et des entreprises et établissements publics dont ils ont la charge.




Samuel ABIBA

Samuel ABIBA - il y a 4 ans - Répondre 

👍👍👍


Job KAKULE

Job KAKULE - il y a 4 ans - Répondre 

Bien