Pointé du doigt dans les massacres des populations civiles à l’Est de la RDC par le président Félix Tshisekedi à l'occasion de la commémoration du Génocide des Congolais pour des Gains économiques (GENOCOST) le 2 août dernier, l’AFC/M23 réagit et dénoncé « une démarche essentiellement politique, susceptible d'entretenir la confusion entre la mémoire des victimes, les exigences du Droit International et les impératifs de la réconciliation nationale. »
Dans une déclaration publiée ce mercredi 5 août 2026, le mouvement rebelle qui occupe une bonne partie des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu a tenu lui aussi à rendre hommage « à toutes les victimes des conflits qui ont endeuillé la République Démocratique du Congo », soutenant que les Congolais morts, déplacés, mutilés, violés ou privés de leurs moyens d'existence « ont droit à la vérité, à la justice, à la réparation et à la garantie que de telles tragédies ne se reproduiront plus. »
L'AFC/M23 a par ailleurs dit considérer qu'en assimilant indistinctement l'ensemble des tragédies congolaises à un génocide, le régime de Kinshasa entretient une confusion entre les différentes catégories de crimes internationaux : « Une telle approche risque d'affaiblir la portée des qualifications juridiques reconnues par le Droit International, de brouiller les responsabilités et de transformer la mémoire en instrument politique », a avancé Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23.
Aussi, il a avancé que le concept de « GENOCOST », tel qu'il est aujourd'hui médiatisé par le régime de Kinshasa, « répond davantage à une logique politique qu'à une véritable exigence de justice » : « Il tend même à déplacer le débat public des causes profondes de la crise congolaise vers un récit mémoriel présenté comme un instrument de propagande politique », a-t-il poursuivi ajoutant que la manière dont ce concept est exploité dans le débat public « risque d'alimenter les divisions nationales en favorisant des amalgames et des discours susceptibles de stigmatiser certains Congolais en raison de leur origine, de leur langue ou de leur faciès. »
« En réalité, le ‘’GENOCOST’’ sert de couverture à un vrai génocide perpétré en République Démocratique du Congo par les mêmes ténors du ‘’GENOCOST’’ contre les populations Tutsi du Nord-Kivu, Banyamulenge du Sud-Kivu, Hema de l'Ituri et autres ethnies », a-t-il indiqué soutenant que « seules les enquêtes indépendantes, l'ouverture des archives, la poursuite impartiale des auteurs de crimes, la protection des témoins et le renforcement des institutions judiciaires constituent la voie royale permettant de rétablir les responsabilités. »
Les peuples n'ont pas besoin d'une mémoire officielle. Ils ont besoin d'une mémoire juste.
— Bertrand Bisimwa (@bbisimwa) August 5, 2026
Car lorsqu'on manipule les mots, on finit toujours par manipuler l'histoire.
Et lorsqu'on manipule l'histoire, ce sont les victimes qui meurent une seconde fois https://t.co/JXM3q0kaRx
L'AFC/M23 dit également constater avec regret « une lecture sélective de l'histoire nationale qui exclut une partie importante du peuple congolais au profit d'un récit politique à caractère ségrégationniste » : « Une mémoire nationale ne peut être crédible que si elle reconnaît toutes les victimes, sans distinction », a déclaré Bertrand Bisimwa signifiant que la lutte menée par son mouvement trouve son fondement dans les revendications liées, entre autres, à la sécurité, à l'égalité des citoyens et au respect des engagements pris.
« L'AFC/M23 réaffirme son attachement à une mémoire fondée sur la vérité, le droit et la dignité de toutes les victimes. La paix durable en République Démocratique du Congo ne pourra se construire ni sur la confusion des concepts juridiques, moins encore sur la concurrence des mémoires, mais surtout sur l'établissement des faits, la responsabilité individuelle des auteurs de crimes, la promotion d'une lecture holistique de l'histoire nationale et la reconnaissance de notre appartenance à une nation commune », a-t-il conclu réitérant que la RDC a besoin d'un État de droit, d'institutions crédibles, d'une gouvernance responsable et d'un projet national fondé sur l'égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction de tribu, d'ethnie, de province, ou de religion.