Contrairement aux affirmations du ministère des finances qui a annoncé la suspension du très controversé arrêté interministériel n° 015 du 20 juillet 2026 fixant de nouvelles taxes dans le secteur du numérique ; ce texte n’a nullement été retiré.
C’est ce qu’a fait savoir le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, à l’issue d’une entrevue le jeudi 6 août dernier avec des représentants de l’écosystème numérique congolais conduits par Alain Kilapi, président du Conseil d’administration du Réseau des Acteurs du Numérique RAN.
Il a par ailleurs fait savoir que les startups ne sont pas concernées par les nouvelles dispositions prévues par ce texte.
« L’arrêté interministériel portant fixation des taux ne concerne nullement les startups. L’innovation ne sera pas tuée dans l’œuf, elle sera encouragée », a déclaré Alain Kilapi à l’issue de cette rencontre, précisant que des mesures officielles de communication et d’encadrement seront prochainement publiées afin de formaliser cette clarification.
L’arrêté interministériel sur la fiscalité du numérique reste en vigueur. Reçu jeudi par S.E Augustin Kibassa, l’écosystème numérique a obtenu des clarifications : les startups ne sont pas concernées par les droits, taxes et redevances prévus par le texte. #Numérique #Startups pic.twitter.com/OKQSjcgqAA
— Ministère de l'Économie Numérique - RDC (@econonumerique) August 7, 2026
Il faut dire que plusieurs acteurs dans ce secteur avaient exprimé leurs préoccupations, redoutant que ces nouvelles mesures ne freinent l’essor des jeunes entreprises technologiques et ne compromettent les efforts engagés pour développer une économie numérique compétitive en République démocratique du Congo.
Aussi, plusieurs personnalités publiques avaient critiqué cette décision, à l’instar de l’opposant Martin Fayulu qui avait soutenu que ce texte va étouffer l'innovation locale et contredire l'esprit du Startup Act dans un pays où le chômage frappe durement la jeunesse.
L’ancien candidat à la présidentielle de 2023 avait également signifié que soumettre des startups, parfois encore sans aucun revenu, à des « droits d’autorisation » pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars « est une aberration économique qui risque de décourager les entrepreneurs et de pousser davantage d’activités vers l’informel. »