Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso, a répondu à une question d’actualité lui adressée par l’assemblée nationale au sujet de l’appréciation récente du franc congolais.

Dans son intervention, il a mis en exergue plusieurs points parmi lesquels la place du franc congolais dans le dispositif légal et réglementaire.

André Wameso a avancé que l’appréciation du franc congolais tant souhaitée par le peuple en 2023, et qui est à ce jour « une réalité palpable » s’explique par l’actualisation du taux de change appliqué au stock de la réserve obligatoire, cristallisée en monnaie nationale, qui a permis de retirer le supplément de francs à l’origine de la pression observée sur le marché des changes.

Il a affirmé que la stabilité se consolide : « Cela fait presque 3 semaines que le franc congolais est stable autour de 2200 - 2300 CDF pour 1 dollar américain, ainsi il n’y a pas d’inquiétude à se faire pour le futur », a-t-il signifié indiquant que la BCC dispose de tous les instruments de politique monétaire pour réagir en cas de besoin.

Le gouverneur de la BCC a par ailleurs recommandé le changement du comportement des acteurs en général et du consommateur en particulier : « La population a été habituée à la dépréciation continue du CDF mais avec le retournement actuel de la tendance au profit du CDF, il est judicieux d’épargner et de consommer en franc congolais », a-t-il déclaré.

Il faut dire que l’appréciation du franc congolais face au dollar américain a suscité depuis plusieurs jours des avis divergents du fait notamment de la spéculation qui en découle, et considérant que les prix des principaux biens de première nécessité n’ont pas suivi cette baisse du taux de change.

Et après que le gouverneur de la BCC a reconnu lors de son audition la semaine dernière par la Commission économique et financière (ECOFIN) de l’Assemblée nationale que l’appréciation actuelle du franc congolais face au dollar américain pourrait entraîner une baisse des recettes de l’État ; l’institution d’émission a démenti cette affirmation « qu’elle qualifie d’erronée et de fallacieuse. »

Dans un communiqué, la BCC a affirmé qu’il s'observe plutôt une plus-value des recettes publiques par rapport aux prévisions budgétaires et ce, dans un contexte de raffermissement de la monnaie nationale.

Mais malgré cette assurance, de nombreux experts des finances publiques soutiennent toujours que cette appréciation artificielle du franc congolais, qui est le « fruit d’une mesure prudentielle de la BCC imposant aux banques commerciales une réserve obligatoire plus stricte en monnaie nationale », va ralentir les rentrées fiscales, ce qui pourrait être à la base des difficultés de paiement des salaires des agents de l’Etat entre décembre 2025 et fin mars 2026. 

D’autres observateurs restent également sceptiques affirmant que l'appréciation du franc congolais n’a toujours pas conduit à la baisse des prix des principaux biens de première nécessité.