L'inhumation d'une baleine échouée sur une plage de Muanda, dans la province du Kongo-Central, continue de susciter de vives réactions au sein de l'opinion publique. Quelques jours après l'opération, la décision des autorités compétentes alimente une polémique mêlant frustrations de la population, interrogations sur la gestion du patrimoine naturel et contestation du propriétaire du terrain où le cétacé a été enterré.
Une partie importante des habitants de Muanda estime que les autorités ont privé la population d'une importante quantité de viande qui aurait pu être consommée ou valorisée. Cette opinion est largement relayée sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes dénoncent ce qu'ils considèrent comme un gaspillage.
D'autres voix, en revanche, privilégient une approche scientifique et patrimoniale. Des observateurs regrettent qu'une occasion exceptionnelle de valoriser le patrimoine naturel de la République démocratique du Congo ait été manquée. Selon eux, les ossements de l'animal auraient pu être récupérés, conservés et exposés dans un musée d'histoire naturelle ou un centre de recherche.
« On aurait dû récupérer ses os afin de les exposer dans un musée d'histoire ou aquatique. La RDC ne possède pas de squelette de baleine, alors qu'un tel spécimen aurait eu une immense valeur scientifique, éducative et patrimoniale pour les générations présentes et futures », a notamment écrit un internaute, critiquant une décision qu'il juge prise sans une évaluation approfondie de ses enjeux scientifiques et culturels.
L'océan nous a offert un cadeau 🎁. Nous l'avons rendu à la terre
— Olivier Kanyinda (@Olivierkanyind) July 5, 2026
Une baleine morte qui aurait pu faire vivre toute une ville.
La RDC pouvait briller. On a choisi l'ombre.
Un géant de la mer, réduit dans un trou.
Quand est-ce que nos dirigeants apprendront l’esprit de… pic.twitter.com/gpgrPqaXaL
La controverse a pris une nouvelle dimension avec l'intervention du propriétaire de la parcelle où la baleine a été ensevelie. Selon plusieurs sources concordantes, ce dernier affirme que l'opération s'est déroulée sans son autorisation préalable. Il dénonce une occupation de son terrain sans consentement et réclame désormais l'exhumation de la dépouille du mammifère marin.
À ce stade, aucune réaction officielle n'a encore été enregistrée de la part des autorités concernées pour répondre aux différentes critiques ou préciser les raisons ayant motivé l'inhumation immédiate de la baleine. En attendant, cette affaire relance le débat sur les mécanismes de gestion des espèces marines échouées, la préservation du patrimoine scientifique national ainsi que la nécessité d'une meilleure concertation entre les autorités, les experts et les communautés locales face à ce type d'événements exceptionnels.